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Le digital est là et il a des effets multiples
 
Le 14-11-2017
de WebNews Industry® - News des expositions

Forum économique de Glion. Les discussions ont apporté quelques lignes directrices et des exemples d’application au sein d’entreprises.

Les entrepreneurs commencent à reconnaître le potentiel qui réside dans la digitalisation. Mais ils appréhendent aussi certaines conséquences potentielles comme un nombre de concurrents plus important, des procédures demandant plus de travail au lieu de rendre l’accomplissement de tâches plus efficace, ou une perte de contrôle sur les processus. En début de conférence à Glion, l’entrepreneur Laurent Haug, actif dans le domaine depuis 1994, a fait le point sur la situation avec une certaine distance. Il a d’abord remis en cause l’impression générale que la digitalisation est en train de s’accélérer – «il s’agit plutôt d’une prise de conscience en Suisse que le digital est là. Nous ne vivons pas la période la plus innovante de l’histoire de l’humanité.

Pensons aux nombreuses inventions de la Belle Epoque qui font partie de notre quotidien, et à ses start-up, devenues des multinationales, comme par exemple Firmenich ou Nestlé. Cela nous montre aussi que le changement est une constante, comme le sont les craintes face au changement.»

De la Silicon Valley à l’EPFL

Fini également le temps où la Silicon Valley était la seule référence en matière d’innovations technologiques. «Les gens du digital vieillissent. Pour ces gens-là notamment, la qualité de vie devient un atout. L’Europe, par exemple l’EPFL, attire ainsi des talents de la Silicon Valley.»

Cependant, le vieux problème du pays malade de sa prospérité, déjà mis en évidence par exemple par Daniel Borel de Logitech en 1991, se révélera encore plus crucial à l’avenir. C’est de cette manière que Laurent Haug formule son appel aux entrepreneurs. Tout en soulignant que «l’innovation, ce n’est pas que de la technologie. Elle réside aussi dans l’amélioration des produits, la réinvention des processus, voire parfois dans l’enlèvement de technologies. Il faut penser l’avenir en écosystème, créer des ponts entre les différents acteurs, entre les entreprises de tailles différentes. Le but n’est pas le digital, mais le client.»

Les emplois les moins qualifiés peu touchés

La première discussion entre entrepreneurs a permis de prendre la mesure des manières dont les changements engendrés par la digitalisation peuvent s’exprimer. L’avocat fiscaliste Xavier Oberson s’attend «à des transformations majeures dans les services de pointe. C’est le grand changement qui va affecter la Suisse.» Il existe déjà plusieurs exemples dans son domaine d’activité, comme une recherche automatisée des bases légales, voire des essais pour des robots juges.

L’administrateur délégué de Debiopharm Thierry Mauvernay est d’un avis similaire: «la digitalisation ne remplace pas forcément les emplois à faible qualification». Dans le domaine médical, il y a toutefois plus de progrès que de risques. «Le médecin devient un coach de santé, et pourra expliquer beaucoup plus le sans d’un traitement. Les machines rendront les diagnostics plus précis.»

«Ce n’est pas l’impact à venir, mais celui d’aujourd’hui qui est sous-estimé», analyse le CEO de Digital Luxury Group David Sadigh. Il a développé des plateformes de vente en ligne pour des marques de luxe, tout en restant convaincu que «l’essentiel de ces produits continue d’être acheté en boutique».

Légiférer face aux nouvelles possibilités d’exploitation

Face aux nouvelles possibilités d’analyse innombrables qu’offre Internet pour mieux cibler les clients potentiels (plus de 300 critères peuvent être utilisés pour faire du profilage), il estime qu’il faut «trouver un équilibre entre la prospérité économique et le bon sens commun». Ce qui implique que de la «régulation, un Etat fort» est indispensable. Le secteur privé ayant pris les devants, le cadre légal doit mettre des garde-fous. Le débat sur la protection des données en est l’exemple phare.

Le CEO de SenseFly Jean-Christophe Zufferey a mentionné quelques exemples concrets comment le recours à des outils digitaux comme les drones peut changer les processus au sein de secteurs traditionnels. «Des photos prises par des drones permettent d’ajuster le rendement des champs d’un agriculteur. Quant aux carrières numérisées dans le cloud en 3D, elles permettent de gagner du temps et d’augmenter le niveau de sécurité: il n’y a plus besoin d’envoyer quelqu’un à des endroits délicats.»

Le psychologue Serge Tisseron a toutefois incité à prendre parfois ses distances, notamment vis-à-vis d’expériences ayant montré que les êtres humains peuvent s’attacher à des robots, même à des aspirateurs Roomba. Il ne faut jamais oublier que «les robots ont été programmés, qu’ils sont nos pires mouchards, et prendre conscience du fait que les données personnelles rassemblées par un robot sont transmises.»n

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Christian Affolter

AGEFI

 



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