.
Actualités
Rubriques

Vente

Emploi

Contact

 



Sapal se plie en quatre pour l’emballage des fromages et chocolats
 
Le 09-07-2019

L’entreprise d’Ecublens a retrouvé son identité et le chemin de la croissance. Elle va bientôt lancer de nouvelles machines

Sapal, cette société d’Écublens associée à plusieurs reprises, dans son histoire mouvementée, à des luttes syndicales, qui a passé tour à tour dans le giron du groupe industriel suisse alémanique SIG, puis de l’allemand Bosch, a retrouvé son identité. Reprise en 2017 par le fonds d’investissement industriel allemand Navigator Capital, l’entreprise navigue sur des eaux plus tranquilles. Sous la houlette d’une direction qui affirme son indépendance, elle peut se concentrer sur son savoir-faire accumulé depuis cent dix ans: la conception et la fabrication de machines d’emballages haut de gamme pour l’industrie alimentaire, principalement les fromages, les chocolats et confiserie ainsi que les bouillons.

«Lorsque je suis revenu chez Sapal, fin 2014, explique Claudio Manfroni, son directeur général, nous avons revu la stratégie de la société avec la direction de Bosch Packaging Technology. Nous sommes arrivés à la conclusion que, pour croître, nous devions sortir du groupe. C’était la meilleure solution pour Sapal.»

Une histoire lausannoise

Cet ingénieur, fort d’un MBA, a fait son apprentissage dans la maison dans les années 1980. Il connaît donc bien son histoire, même s’il a passé une grande partie de sa carrière à l’étranger au sein du groupe Bosch. Il explique que l’entreprise ne produisait alors sur le site que les plieuses et le processus d’emballage. Soit une partie «saucissonnée» de la fabrication des lignes d’emballage, répartie sur divers sites du groupe allemand mondialisé. L’activité à Écublens ne pouvait dès lors guère progresser. Il faut rappeler que Sapal – qui signifie Société anonyme des plieuses automatiques Lausanne – avait été fondée en 1906 par un chocolatier lausannois qui avait acquis le brevet américain du système de la «boîte de pliage», révolutionnant la façon d’emballer les petites tablettes de chocolat. La société, qui a ensuite diversifié sa gamme pour emballer des lames de rasoir, paquets de cigarettes, savons, biscuits, chewing-gums, bonbons, cubes de bouillon, produits pharmaceutiques, etc., a déménagé à Écublens en 1964. Elle avait besoin d’espace pour fabriquer des lignes de production entières en remplacement des machines unitaires avec alimentation manuelle dont la cadence ne répondait plus à la demande des clients. Ces lignes mesurent entre 10 et 50 m pour les plus longues.

L’entreprise, située près de la gare de Renens, a compté jusqu’à 400 employés dans les années 1990, après sa reprise par SIG Pack (1989), avant de voir ce nombre fondre à 76. Désormais indépendante, Sapal SA compte 82 collaborateurs sur le site, dont une vingtaine d’ingénieurs et techniciens chargés de la conception et du développement de ces équipements d’emballage industriel qui valent entre 500'000 et 5 millions de francs. Ainsi, de nouvelles machines pour le bouillon doivent être lancées prochainement, produisant en continu quatre fois plus de cubes à la minute. «On investit 5% de notre chiffre d’affaires dans l’innovation», remarque Claudio Manfroni.

Le principe d’emballage n’est pas très différent de ce qu’il était à son origine, indique le directeur. Mais les machines ont gagné énormément en cadence. De 50 à 60 produits chocolat moulés à la minute, on est passé à plus de 600 par minute. Elles ont aussi beaucoup évolué dans les styles de pliages, les économies de matériaux et les technologies de scellage. Elles sont nettement plus sophistiquées, non seulement pour assurer la conservation des produits et la sécurité alimentaire, mais aussi pour des questions esthétiques. Les producteurs tels que Nestlé, Unilever, Mondelèz (anciennement Kraft), etc., souhaitant se distinguer. Au rayon souvenirs, on voit chez Sapal des têtes de choco, de petites briques PEZ et autres marques célèbres qui préfèrent rester anonymes.

Fromage fondu

Dans les ateliers, on monte des lignes complètes qui seront testées dans toutes leurs fonctions avant de les expédier dans plus de 70 pays. Une machine d’emballage pour les fromages représente plus de 3000 heures d’assemblage. À noter que Sapal, qui vendait des équipements de conditionnement de portions de fromages en boîtes rondes, à repris en 2007 la marque genevoise Kust­­ner, spécialisée dans l’emballage plastifié de fromage fondu sous forme de tranches. Un procédé très complexe.

Ce segment fromage représente aujourd’hui près de la moitié du chiffre d’affaires. L’Afrique est un important marché pour le bouillon, car on y achète des cubes beaucoup plus petits que les nôtres en raison du pouvoir d’achat. D’ailleurs, observe Claudio Manfroni, les marchés pour ce type de machines industrielles dépendent beaucoup de l’évolution des pouvoirs d’achat. Les deux marques Sapal et Kustner, qui se fondent désormais dans le même logo, ont vendu près de 24'000 machines en tout, dont le quart sont encore en fonction, selon la société, et 95% de la production est exportée. Le directeur de Sapal relève que 2018 et 2019 sont des années de consolidation. Mais il se réjouit que les objectifs de commandes pour l’année en cours ont déjà été atteints en mars. Il ne s’attend pas à une croissance à deux chiffres, la branche alimentaire n’étant pas dans une telle tendance. Mais il est optimiste pour l’avenir et pense que le nombre d’employés pourrait atteindre la centaine, une «bonne taille» selon lui.

À Écublens, Sapal ne fait en effet plus que l’assemblage et le montage des lignes, mais elle achète toutes les pièces à des sous-traitants. Toutefois, relève Claudio Manfroni, 70 à 80% des composants proviennent de fournisseurs situés en Suisse ou en France voisine, «pas d’un pays low-cost».

24 Heures

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved