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First Industries, modèle de résistance de fer dans l’industrie suisse
 
Le 07-06-2019

La nouvelle directrice se bat pour défendre l’emploi dans une activité pas forcément vouée à disparaître dans notre pays.

Active dans divers travaux de traitement de surface des métaux – comme le zingage à chaud et électrolytique, la peinture, le thermolaquage, le nickelage, chromage ou noircissage, le façonnage de pièces, notamment le rectifiage et le polissage –, First Industries, à Crissier, est l’illustration d’une place industrielle suisse qui résiste, entre le marteau et l’enclume, dur comme fer pour sa survie. À la tête de l’entreprise depuis début 2018 après un parcours singulier, Nathalie De Castro incarne ce défi qui ne semble aujourd’hui plus mission impossible.

La nouvelle directrice générale a succédé à l’un des fondateurs, François Schoch, qui avait créé le groupe industriel en 2005 avec deux associés, Charles Trolliet et Anne-Catherine Veuve-Trolliet, en réunissant plusieurs PME complémentaires afin de créer un pôle fort de sous-traitance. Derrière cette stratégie industrielle visant à pérenniser ces activités en Suisse, ils défendent également l’emploi qualifié chez une main-d’œuvre victime de fréquentes délocalisations ces dernières décennies. «Ce n’était pas mon idée d’être à ce poste, remarque Nathalie De Castro. Ce sont les valeurs de l’entreprise qui m’ont incitée à être là. Nous donnons beaucoup de valeur à l’humain et voulons préserver la place industrielle suisse. Nos actionnaires veulent d’abord défendre l’emploi, avant leur porte-monnaie.»

Cette vision n’empêche pas les remises en question quand elles sont nécessaires, dit-elle, mais on s’y prépare. La formation est «extrêmement importante», même dans les métiers manuels exercés sur le site de Crissier. Pour certains travaux, l’automatisation n’est pas inéluctable. Et puis la délocalisation, dit-elle, a ses limites. Elle cite des exemples de pièces fabriquées dans des pays dits émergents – au coût du travail moins cher a priori – et qu’il s’agit de corriger ici pour répondre aux exigences de clients en Suisse.

L’entreprise s’occupe du traitement final de pièces de métal de tous types à des fins de protection anticorrosion ou esthétique, par application d’une peinture ou chromage décoratif. Ses clients viennent principalement de la construction, pour traiter les éléments de façades, et de l’industrie mécanique. Elle travaille aussi pour d’autres secteurs, notamment les transports ferroviaires ou l’aéronautique, pour le traitement de pièces «stratégiques» comme un composant de rotor d’hélicoptère. «Nos bains de chromage dur, qui donnent la résistance finale à la pièce, sont certifiés», dit-elle non sans fierté. Il y a également de nombreux clients privés pour divers objets, portes de jardin ou portails.

Nathalie De Castro supervise l’ensemble de la production du groupe employant 45 personnes dans les trois sociétés First Industries, mais aussi Fam, fabrique d’articles en métal, et Alunni, l’atelier de chromage dur. «Je suis souvent à l’atelier, ça fait partie de mon ADN.» L’ancienne responsable de la fonderie de précision – implantée à Mex car elle travaillait essentiellement pour Bobst avant sa fermeture – est passée par tous les postes de l’entreprise, «même la cabine de sablage», dit-elle. La cheffe de cette entreprise dit avoir toujours été attirée par la technique. Née en France, elle a grandi au nord du Portugal, sa terre d’origine, puis elle débarque dans le Jura bernois à 19 ans, où elle suit une formation d’horlogère, sa passion, en cours du soir. Chargée des réglages finals les plus pointus des montres, elle n’aurait jamais songé à quitter ce métier sans un malheureux accident qui la handicape encore.

«J’ai dû repartir de zéro»

«J’ai dû repartir de zéro dans un deuxième choix. J’ai fait une formation et travaillé dans la conception et le dessin de machines. Mais cela m’aide aujourd’hui dans mon poste.» Elle raconte avoir fait connaissance de son prédécesseur par hasard, en s’intéressant à une imprimante 3D sur laquelle planchait l’entreprise de Crissier. Et actuellement elle reprend des cours afin d’obtenir un brevet fédéral de spécialiste en gestion de PME. En effet, même si elle aime l’atmosphère des halles, maintenant que la nouvelle organisation est en place, elle devra prendre plus de temps pour prospecter les marchés et trouver de nouveaux clients. Certes, elle se réjouit que des start-up de la région, qui grandissent, remplissent son carnet de commandes, mais la chaîne de zingage dispose de capacités importantes non utilisées.

Pour le reste, les affaires dépendent de la conjoncture des secteurs de sa clientèle. Heureusement, indique-t-elle, les cycles de la construction (traitement d’éléments de façades métalliques) et de l’industrie des machines ne sont pas les mêmes. En ce qui concerne deux points sensibles pour l’entreprise, la consommation d’énergie et l’environnement, First Industries a fait d’importants investissements ces dernières années. Le point qui l’interroge en ce moment est son emplacement des deux côtés du grand axe routier qui traverse l’Ouest lausannois, de plus en plus voué aux commerces et aux logements. La société songe à déménager un jour sur un autre site, ce qui pourrait aussi l’aider à pérenniser cette industrie.

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