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La remise sur rails de Füll se fera ressentir chez Perrot Duval
 
Le 21-12-2018

La division Infranor a permis au groupe genevois actif dans l'industrie de précision de retrouver les chiffres noirs au premier semestre de l’exercice décalé 2018/19.

Le groupe genevois Perrot Duval a retrouvé les chiffres noirs au premier semestre clos fin octobre malgré quelques ralentissements imprévus. Il a pu partiellement confirmer ses objectifs et prévisions. Pour la partie non remplie pour l’instant, les attentes devraient être satisfaites d’ici la fin de l’exercice. Le rapport entre les deux divisions Füll et Infranor n’a ainsi guère changé au niveau du résultat: la première a généré des chiffres négatifs (EBIT -0,8 million de francs, contre -0,5 million sur la première moitié de l’exercice précédent), et la seconde a pu cette fois plus que compenser ce résultat (EBIT 1,4 million, contre 1 million). Au niveau du chiffre d’affaires, Füll accuse un recul de 0,7 million comparé à l’exercice précédent à 2,1 millions, tandis qu’Infranor a progressé de 3% à 19,4 millions. Les entrées de commandes ont même augmenté de 7%, à 19,5 millions. Perrot Duval souligne que cette croissance ne s’est pas faite au détriment des marges, malgré une pression sur les prix persistante. La marge brute est restée quasi stable à 55,2% (-0,2 points de pourcentage). «L’augmentation du volume des affaires n’a pas entraîné une hausse des frais généraux avant amortissements», constate le communiqué. Ils ont même légèrement diminué, de 8,8 millions à 8,6 millions.

Beaucoup de travaux en cours fin octobre

Ces chiffres cachent que des progrès importants ont été accomplis du côté de la division Füll. Selon l’analyse de Helvetische Bank, «les progrès au sein de Füll sont déjà perceptibles, ce qui devrait se faire ressentir également sur le plan financier dès le deuxième semestre». Le président de Perrot Duval Nicolas Eichenberger précise: «Cette année, beaucoup de travaux étaient en cours fin octobre, pour une livraison entre décembre et février. De surcroît, nous avons enregistré des entrées de commandes complémentaires depuis le début du mois de novembre. Cela nous rend confiants pour atteindre notre but, notamment de dégager un bénéfice sur la totalité de l’exercice. Quoique moindres par rapport à il y a un an, les frais restent les frais, et les marges devraient suivre une progression plus importante. Au cours du dernier exercice, la société allemande de Füll avait moins de travaux en cours à la date de bouclement à fin octobre, et pratiquement pas de commandes pendant les 5 mois suivants. En outre, les travaux de réorganisation – avec la production placée totalement en Allemagne, et la recherche/développement en Suisse – avaient pesé sur le résultat. Grâce au repositionnement, la contribution de Füll au bénéfice du groupe devrait augmenter.» L'intégration de la société thurgovienneTecos Bruhin a ouvert à Füll Process, basé en Allemagne, un "accès privilégié" aux marchés suisse et de certains pays de l'Est, dont la Russie.

Pour la suite de l’exercice, la deuxième moitié est traditionnellement plus forte. «Pour la fin de l’exercice et pour autant que les conditions générales actuelles ne se péjorent pas, les travaux en cours et le volume des projets-clients en attente de commande devraient permettre à la division Füll d’atteindre un chiffre d’affaires de 9,5-10 millions, pour un résultat EBIT équilibré», détaille le communiqué.

Renouvellement de la gamme de Cybelec

La division Infranor a tenu ses promesses. Cela vaut tout particulièrement pour Cybelec à Yverdon-les-Bains, reconnue à l’échelle mondiale pour ses commandes numériques pour des machines destinées à la déformations de métaux. «Les affaires se sont très bien développées notamment en Chine et en Turquie», se réjouit Nicolas Eichenberger. Au niveau de toute la division Infranor, il souligne que «l’Italie marche extrêmement bien. En revanche, un certain attentisme règne parmi les clients au Royaume-Uni, le Brexit créant une situation très désagréable pour eux. Pour nous, cela reste marginal. Quant à l’Allemagne, nous avons enregistré un petit réajustement sur un niveau plus bas, mais avec des volumes plus corrects dès novembre. De manière plus générale, nous constatons certes que les dirigeants deviennent plus prudents, avec une visibilité qui diminue de 2-3 mois auparavant à un mois seulement. Mais cela n’est pas forcément synonyme d’un recul, plutôt d’une période d’incertitude.» A noter également face aux turbulences qui se manifestent ces dernières semaines au sein des constructeurs automobiles, que l’exposition d’Infranor à ce secteur est faible.

Comment faut-il dès lors expliquer la mauvaise passe des marchés actions? Nicolas Eichenberger reste confiant: «cela dépasse l’entendement. Il est beaucoup plus intéressant de regarder l’évolution des taux que celle des actions. Cela permet de constater que la liquidité, les méthodes de financement sont toujours à disposition. Même outre-Atlantique, le fléchissement que nous avons enregistré est certes dû à des reports d’entrées de commandes par trois clients, mais pas en raison de la conjoncture, plutôt à cause de l’entrée sur le marché reportée des machines.»

Pour Infranor, le groupe, «compte tenu d’un carnet de commandes de 6 millions après 6 mois», s’attend à un «niveau de ses ventes consolidées de 40 millions (inchangé)». Cela confirmerait aussi la croissance de 10% réalisée lors de l’exercice précédent. A noter également que la différence de croissance entre les entrées de commandes et les ventes devrait s’aplanir durant le second semestre.
Malgré ces indications positives, le titre indique une baisse de 20,4%. Il faut cependant relativiser celle-ci: le titre est toujours peu liquide, et n’a même pas été négocié le jour de la publication des résultats. La baisse provient du prix offert, qui se monte à seulement 41 francs, tandis que le prix demandé reste fixé à 64 francs depuis fin novembre.

Christian Affolter
AGEFI

 



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