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Condis repasse en mains helvétiques
 
Le 20-12-2018

La filiale suisse de l’américain Maxwell Technologies est rachetée par sa direction et la fondation Renaissance. Les nouveaux propriétaires misent sur l’expertise du spécialiste des condensateurs à haute tension pour profiter d’un marché en pleine croissance

C’est une société plus que centenaire, un fleuron de l’industrie fribourgeoise, qui repasse en mains helvétiques: Condis, filiale suisse du spécialiste américain du stockage et du transport d’électricité Maxwell Technologies, est rachetée par son équipe de direction et la fondation Renaissance. Les nouveaux propriétaires ne déboursent pas moins de 55 millions de francs pour cette entité d’une centaine de collaborateurs, qui affiche 30 millions de francs de chiffre d’affaires.

Le profil du nouvel actionnariat laisse penser qu’il veut s’installer dans la durée. «Notre rendement cible principalement un retour régulier sur les dividendes», confirme Xavier Paternot, directeur associé de Renaissance, qui détient désormais «une part majoritaire» de Condis. Cette approche de long terme est propre au fonds, qui ne compte parmi ses investisseurs que des caisses de pension helvétiques – 45 au total.

Fort potentiel de croissance

Pourtant, à l’heure où ABB se défait de ses activités historiques dans les réseaux électriques, sonnant le glas de l’âge du cuivre, la transaction peut surprendre. «Au contraire, si elle n’avait peut-être plus de sens pour un aussi grand groupe avec des activités très diversifiées, la transmission d’énergie reste promise à un grand avenir», selon Xavier Paternot. Les besoins en énergie ne font qu’augmenter, parallèlement au développement des ressources renouvelables. Les nouveaux propriétaires entendent ainsi profiter du développement des réseaux électriques dans le monde entier, plus particulièrement en Chine et en Inde, en plein boom. Ou encore aux Etats-Unis, dotés d’infrastructures vieillissantes.

Condis a pour sa part «développé un savoir-faire remarquable dans ces infrastructures», souligne Xavier Paternot. Fondée en 1903, alors que l’électricité domestique en était à ses balbutiements, la Fabrique suisse de condensateurs, comme elle se nommait à l’époque, sise alors dans l’actuelle salle de concerts Fri-Son, s’est notamment illustrée en installant les premiers radio-transmetteurs sans fil sur la tour Eiffel. Les années 1950 marquent le développement des produits phares de l’entreprise, soit des composants permettant de stocker et de transmettre de l’énergie à très haute tension. Rebaptisée Condis en 1973, date de l’inauguration du site de Rossens, elle sera rachetée par Maxwell Technologies en 2003, accélérant ainsi son internationalisation, notamment sur les marchés américain et chinois.

Usine agrandie et développement de produits

Aujourd’hui, 18 000 condensateurs estampillés Condis sortent chaque année de l’usine de Rossens, écoulés en quasi-totalité (95%) à l’étranger. A fin 2017, la maison mère, basée à San Diego et cotée au Nasdaq, a réalisé un chiffre d’affaires de 130,4 millions de dollars, pour une perte nette de 43,1 millions. Six mois plus tôt, elle annonçait une extension des halles de Rossens, pour un montant de 1,5 million de francs, vouée à la recherche. Les nouveaux propriétaires entendent rechercher de nouvelles applications pour les produits existants, notamment les disjoncteurs visibles dans les sous-stations électriques des lignes à haute tension et les instruments permettant de mesurer cette tension.

Rachel Richterich
LE TEMPS

 



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