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La dynamique de l’industrie vaudoise est à son plus haut
 
Le 06-11-2018

Tant la marche des affaires cette année que les prévisions pour 2019 de l’industrie se trouvent à leur valeur maximum depuis 2009 selon l’enquête conjoncturelle de la CVCI.

L’ambiance au sein des entreprises vaudoises est en contraste très positif par rapport aux révisions à la baisse récentes des perspectives de l’économie tant à l’échelle mondiale que suisse. La chronologie ne l’explique qu’en partie: les dernières réponses à l’enquête conjoncturelle de la CVCI ont pu arriver après la publication des perspectives du FMI pour l’économie mondiale révisées à la baisse. Elles ont probablement aussi été impactées par les prévisions conjoncturelles du Seco de la mi-septembre, avec un net relèvement des perspectives de croissance pour cette année (de 2% à 2,9%), et un maintien de celles pour 2019 (2%). En revanche, les dernières publications de l’institut Créa sont arrivées après l’expiration du délai de réponse de l’enquête.

Troisième meilleur score global

La dynamique est particulièrement vigoureuse au sein des entreprises vaudoises du secteur de l’industrie. Le solde entre celles prévoyant une amélioration de la marche des affaires et celles s’attendant à une détérioration n’a jamais été aussi positif depuis 2009. Cela vaut tant pour la situation actuelle que pour les six prochains mois. Les scores respectifs atteignent 32 points et 30 points. Les services ont une vision légèrement plus prudente, contrairement à une longue période (2009-2018) où ils avaient affiché une vigueur supérieure à celle de l’industrie. Ils atteignent 26 points pour 2018, et 29 points pour l’année prochaine. Au niveau global, en raison de la présence plus forte des services, l’évaluation de la situation actuelle n’atteint certes pas le niveau de 2008 ou 2010, mais les 27 points pour la situation marquent le troisième meilleur score. Pour les perspectives, les 29 points affichés n’ont plus été atteints depuis 2011.

En comparaison cantonale, les entreprises fribourgeoises se montrent de loin les plus positives (50 points), suivies de celles du canton de Neuchâtel (39 points), les vaudoises se situant en troisième position. Le solde est positif dans tous les cantons appliquant la même méthodologie, le Tessin fermant la marche avec trois points, Genève atteignant 16 points.

Rapprochement entre exportateurs et domestiques

La différence de dynamique entre les entreprises exportatrices et celles visant le marché domestique est en train de se rétrécir. Celles dont la quasi-totalité de la production est destinée à l’étranger affichent un solde record de 34 points, contre 25 points pour les entreprises dont la zone d’activité ne dépasse pas la Suisse. Mais pour les prévisions à six mois, les exportatrices affichent un recul de deux points, celles situées à l’autre extrême progressant de 3 points.

Au niveau de la subdivision entre régions, tous les périmètres définis à l’exception de Lavaux-Oron-Aigle-Riviera-Pays d’Enhaut (-4 points à 32 points) s’attendent à une amélioration de la dynamique sur six mois. La hausse la plus forte revient à Gros-de-Vaud-Broye-Vully (+18 points à 32 points), tandis que le rôle de locomotive devrait revenir au Jura-Nord Vaudois (+7 points à 36 points).

La marge d’autofinancement n’a plus jamais été aussi bonne depuis 2008 également. Les petites entreprises (moins de 30 collaborateurs) sont certes un peu plus nombreuses à juger leur situation mauvaise ou médiocre (18 points), mais le surplus est solide là aussi, avec 17 points. Au niveau global, le score de 21 points est le plus élevé depuis 2010, l’industrie n’ayant même plus atteint les 20 points depuis 2008. La remontée depuis 2015 (-4) est spectaculaire.

Les investissements restent à l'ordre du jour

Cela n’impacte guère la propension à faire des investissements, bien au contraire. Les entreprises de l’industrie plafonnent toujours proche des 50 points, avec 47 actuellement et 49 sur les six prochains mois. Ce sont celles des services qui sont responsables du fait que le score global n’atteint plus les valeurs du début de cette décennie, même si une reprise assez nette est perceptible entre 2015 (26 points) et 2019 (34 points). En comparaison intercantonale, les entreprises vaudoises se montrent d’ailleurs plutôt prudentes. Tant du côté de l’industrie que des services, les fribourgeoises se tournent le plus vers l’investissement, les représentants de l’industrie tessinois et neuchâtelois se montrant également très actifs. Il apparaît une nouvelle fois que les entreprises les plus petites ont beaucoup moins souvent les ressources nécessaires pour investir que leurs consœurs de taille plus importante. Seulement 27% d’entre elles sont actives sur ce terrain (industrie et services confondus), contre 60% de celles comptant moins de 100 collaborateurs, et même 72% des plus grandes entreprises.

La pénurie de compétences s’accentue

Les entreprises se montrent plutôt motivées à étoffer leurs effectifs pour être en mesure de suivre le rythme du développement de leurs affaires. Tant au sein de l’industrie que des services, un peu plus au sein des entreprises exportatrices, ainsi que de celles comptant plus de 30 collaborateurs, une augmentation reste à l’ordre du jour. Les salaires ne vont cependant que peu progresser, la hausse ayant atteint 0,9% cette année, et la prévision 2019 ne se monte qu’à 1%. Notons que depuis 2009 au moins, les augmentations accordées sont chaque année supérieures au renchérissement, à l’exception de cette année. Si la moitié des entreprises dans les services entend ne procéder à aucune adaptation en 2019 (contre 34% dans l’industrie), elles sont 22% à envisager un relèvement de 1-1,9% (34% dans l’industrie). Seules les entreprises genevoises se montrent moins généreuses (0,7% cette année, 0,8% en 2019).

Les entreprises industrielles notamment font toutefois état de difficultés au niveau du recrutement, plus aiguës cette année qu’en 2014. Cela vaut surtout pour les sociétés de taille moyenne. Parmi celles ayant répondu par l’affirmative, il apparaît aussi qu’un tiers estime que le problème s’est même accru cette année par rapport à 2017. Parmi les sociétés de l’industrie, elles sont même 42% à être dans ce cas. Même une part de 46% des grandes entreprises fait état d’une accentuation du problème. La comparaison intercantonale fait néanmoins apparaître une corrélation entre la volonté d’augmenter les effectifs et les difficultés de recrutement – le problème est donc un peu moins aigu au canton de Vaud qu’à Fribourg et à Neuchâtel.

Formation professionnelle à améliorer et métiers à revaloriser

Pour remédier à la situation, les entreprises préconisent avant tout l’amélioration de la formation professionnelle, et le développement de la formation continue, suivi de l’embauche d’employés indigènes. Le problème de la formation inadaptée est mentionné plus souvent dans l’industrie (51%) que dans les services (42%), et touche plus les grandes entreprises (52%) que les petites (42%). Les grands entreprises adhèrent aussi nettement plus à l’idée de revaloriser financièrement certaines professions (35% contre 20%). Les entreprises industrielles sont aussi plus nombreuses (37%) à penser que les difficultés à recruter risquent de pénaliser leur activité en 2018-2019 (Services: 28%).

Christian Affolter
AGEFI

 



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