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Ecoresponsabilité: les petites sociétés sous la pression des plus grandes
 
Le 13-09-2018

Les PME peinent à s’engager en matière de durabilité, dotées de moins de ressources que les grandes firmes. Celles-ci augmentent pourtant la pression pour qu’elles se conforment aux standards.

Pendant cette année des 20 ans, «Le Temps» met l’accent sur sept causes emblématiques. La cinquième porte sur «l’économie inclusive». Celle-ci vise à mieux tenir des enjeux écologiques, éthiques et égalitaires.

Nous cherchons des idées, des modèles et des personnalités qui, chacun à leur manière, développent une économie et une finance plus intelligentes, qui contribuent à mieux répartir ce qu'elles génèrent entre toutes les parties concernées.

«J’aimerais m’y mettre, mais je ne sais pas par où ni comment commencer.» Ce chef d’une entreprise de huit employés résume en une phrase la situation des PME suisses, à l’heure de s’engager sur le terrain éthique et environnemental. Pourtant, la pression augmente sur ces petites structures pour qu’elles s’engagent davantage. Et cette pression vient des grandes entreprises, pointe une étude de la Haute Ecole de gestion Arc, présentée mercredi à Neuchâtel.

La raison? «Nombre d’entre elles se fournissent principalement auprès de PME suisses», répond Karine Doan, coautrice de l’enquête. Avec son collègue Mathias Rota, ils ont analysé les effets des démarches de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) sur la chaîne d’approvisionnement de six grandes firmes. Or, les scandales les plus retentissants sont souvent liés aux activités d’un ou de plusieurs acteurs de la chaîne de sous-traitants.

Critères imposés aux fournisseurs

Echaudées par ces affaires, les multinationales se sont soumises aux audits et aux labels et ont imposé les mêmes critères à leurs fournisseurs. «Mais ces codes de conduite s’avèrent inadaptés aux structures des PME», souligne Karine Doan. Rapports de durabilité, certifications et audits coûtent cher. «Dans un secteur exposé comme l’horlogerie, liés aux pierres et aux métaux précieux, les sous-traitants locaux ont massivement investi dans des certifications pour ne pas perdre la relation d’affaires avec les grandes marques», souligne Karine Doan.

Par ailleurs, «les petites structures n’ont pas les ressources humaines dédiées à ces questions, contrairement aux plus grandes», ajoute la chercheuse. Elles doivent s’adjoindre les services d’un consultant spécialisé, ce qui représente aussi un investissement.

Mutualisation des ressources

Pour Karine Doan, «les coûts de mise en œuvre sont des obstacles rédhibitoires pour un grand nombre de PME». Il faut les réduire en faisant «front commun». Elle plaide pour que la Confédération poursuive son soutien. Les grandes firmes pourraient, elles aussi, accompagner les plus petites structures, «en mettant leurs ressources à leur disposition». Une autre piste évoquée par la chercheuse serait «la mutualisation des coûts entre PME, qui, une fois regroupées, pèseraient aussi davantage dans les négociations».

Rachel Richterich
LE TEMPS

 



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