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L’absence des écosystèmes de start-up suisses révèle un réseautage déficient
 
Le 15-05-2018

Les études qui la recensent placent la Suisse en très bonne position. Mais elles aussi décèlent des manques de communication.

La Suisse ne figure pas dans l’une des analyses comparatives les plus exhaustives et détaillées des écosystèmes de start-up à l’échelle mondiale. L’édition 2018 du «Global Startup Ecosystem Report (GSER)» établi par Startup Genome ne mentionne que Zoug à deux reprises. La fameuse Crypto Valley est un lieu qui compte pour les fintech, ainsi que pour les start-up s’insérant dans l’univers de la Blockchain. En revanche, ni Lausanne, ni Zurich ne bénéficient d’une seule mention.

Cependant, d’autres études mondiales, qui ne font pas l’impasse sur la Suisse, laissent penser que la performance de nos écosystèmes n’est guère en cause. Notre pays a tout de même figuré en deuxième position du Global Entrepreneurship Index (GEI) en 2017, après avoir fait un bond de six places par rapport à l’année précédente. Quant aux «Startup Ecosystem Rankings» de StartupBlink, l’édition d’octobre 2017 liste la Suisse en huitième position. «Il peut paraître surprenant de retrouver la Suisse à cette position-là déjà. Mais la stabilité du pays et son système bancaire semblent fournir du soutien et des ressources favorisant la création de start-up de qualité. La Suisse a également généré quelques licornes, donnant un coup de pouce supplémentaire à sa notation qualité.» Cependant, l’écosystème de Zurich ne figure qu’en 46e position, celui de Genève seulement à la place 152, et celui de Berne au 176e rang, Lausanne se trouvant même juste derrière Nairobi, à la 192e place.

Au vu des très bons rangs qu’occupe notre pays dans d’autres classements mondiaux, son absence dans le GSER n’interpelle que d’autant plus. Mais si la Suisse n’y est pas présente, cela pourrait être dû à ce qui représente la principale faiblesse de notre pays selon le GEI: le réseautage, surtout à l’échelle internationale. Il faut constater que la participation dans Startup Genome est souvent parrainée par des incubateurs, voire par des organismes de promotion économique ou même directement par les autorités d’une Ville. Mais les notations du GSER accordent aussi beaucoup d’importance au réseautage entre les entrepreneurs eux-mêmes.

Le COO de la start-up suisse Smallpdf Christoph Forsting pointe vers le même problème: «les start-up doivent adopter une culture plus ouverte, tournée vers l’échange d’expériences, demander des conseils, discuter des défis, opportunités et échecs. Nous devons arrêter de naviguer comme des bateaux dans la nuit, et commencer à s’appuyer plus l’un sur l’autre. Les start-up suisses doivent avoir une mentalité plus unifiée, se mettre à communiquer, collaborer et partager plus.» Les structures et événements faits pour le réseautage, toujours plus fréquents, aident certes à la création de liens, mais c’est l’état d’esprit qui doit changer.

Ces carences au niveau du réseautage (voire de la promotion, faire savoir aux autres ce que mon entreprise est en train de faire, voir avec qui elle pourrait avancer plus vite) sont d’autant plus regrettables qu’elles peuvent permettre à un écosystème plus petit de s’illustrer face à des compétiteurs plus importants. Tel-Aviv par exemple se trouve assez proche des valeurs moyennes sur tous les critères – sauf précisément ceux portant sur le réseautage, avec des scores largement supérieurs à la moyenne. Même constat pour la région d’Helsinki, où des déficiences de savoir-faire théorique et pratique sont de surcroît compensées par des fondateurs ambitieux, qui veulent changer le monde.

Le partenaire de Startup Genome pour le GSER, Global Entrepreneurship Network, est au moins présent à Zurich depuis le début de cette année. Son président Jonathan Ortmans, qui a fait part de ses expériences lors de l’événement de lancement de cette nouvelle implantation, arrive à des constats assez similaires à ceux de Christoph Forsting: «J’ai appris que les Suisses sont très modestes, fidèles à leur réputation de garder le calme même lorsqu’ils sont sous pression. Que le lancement de GEN Switzerland n’ait pas été un grand show avec des feux de rampe, des scènes, des discours, mais ait consisté en une série de tables rondes abordant des points précis, avec des discussions entre pairs au sein des leaders de l’écosystème de start-up suisse, n’a dès lors guère été surprenant. J’ai été très impressionné par le savoir et l’expertise. Alors qu’il y avait clairement une dimension autopromotionnelle moins importante dans le portrait-type d’un écosystème d’entrepreneurs suisses, ceux-ci ne sont pas moins focalisés sur leur objectif et efficaces.» Ces observations laissent tout de même sous-entendre elles aussi que les entrepreneurs suisses, au vu de leurs qualités indéniables, doivent changer de mentalité et devenir plus communicatifs.

Christian Affolter
AGEFI

 



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