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Innovation numérique: la Suisse mérite un diplôme, mais pas de médaille
 
Le 12-02-2018

Classée au 8e rang de l'indice de capacité d'innovation numérique, la Suisse peut encore s’améliorer dans le domaine des start-ups et en matière d’investissements et de brevets.

Comment se positionne la Suisse par rapport aux autres pays de l’OCDE en ce qui concerne l’utilisation et le développement des technologies numériques?

Comme chacun sait, la Suisse est au-dessus de la moyenne des pays industrialisés pour de nombreux indicateurs économiques. Elle bénéficie d’une compétitivité élevée, d’un taux de chômage bas et d’un faible endettement public.En revanche, la Suisse est seulement moyenne en termes de productivité. La croissance de productivité s’est ralentie au cours des dernières années, au point d’être très inférieure à celle des autres pays industrialisés.

Même si l’effet de la numérisation des dernières années n’apparaît pas encore clairement dans les statistiques de productivité, il n’y a pas de doute que les technologies numériques offrent le principal potentiel pour accroître la productivité et donc la prospérité de la population. Mais cela suppose que l’on exploite pleinement ce potentiel. C’est à ce niveau que la Suisse et les entreprises qui y sont basées pourraient s’améliorer.

En coopération avec BAK Economics, Deloitte a développé l’indice de capacité d’innovation numérique. Celui-ci mesure le positionnement de la Suisse par rapport aux autres pays de l’OCDE en ce qui concerne le développement, l’utilisation et la commercialisation des technologies numériques. L’indice repose sur trois piliers: les talents, les start-ups et les investissements et brevets.

La Suisse au 8e rang

Dans l’ensemble, la Suisse est relativement bien placée. Avec 51 points, elle se place au 8e rang sur 35 pays de l’OCDE analysés. En d’autres termes, la Suisse se trouve au-dessus de la moyenne, mais dispose d’une marge de progression élevée. En particulier, elle accuse un net retard sur les Etats-Unis, qui sont eux-mêmes en première place. Ces résultats révèlent une situation qui tranche avec les classements connus et souvent cités d’innovation et de compétitivité, que la Suisse domine depuis des années.

La Suisse, championne des talents

En ce qui concerne le premier pilier, celui des talents, la Suisse figure parmi les champions. La Suisse dispose actuellement d'un bon réservoir de main d'oeuvre, avec des perspectives d’avenir réjouissantes. Cette situation s’explique surtout par la qualité du système éducatif suisse. Grâce à son système éducatif, à ses hautes écoles réputées et à son fort attrait pour la main d’oeuvre étrangère, la Suisse est ici le 2ème pays de l’OCDE.

Les besoins d’amélioration concernent surtout la formation MINT (mathématiques, informatique, sciences de la nature et technique) et l’apport de compétences numériques dans la formation de base. Sur la base du nombre de diplômés en MINT, la Suisse est seulement dans la moyenne de l’OCDE. Les jeunes devraient davantage être attirés vers les métiers techniques et la coopération devrait être renforcée entre les écoles et les entreprises.

En termes de compétences numériques de base des salariés, la Suisse est à peine supérieure à la moyenne de l’OCDE. C’est sans doute en partie lié à l’ancrage encore insuffisant des compétences en TIC dans la formation de base. Il faudra donc d’une part, renforcer la compréhension des disciplines techniques à l’école et, d’autre part, accorder plus de poids à l’informatique, en tant que matière.
Start-ups: manque d’affinité pour l’entrepreneuriat

Le deuxième pilier de l’indice, les start-ups, mesure l’activité entrepreneuriale d’un pays et l’affinité pour la création d’entreprises. Ici, la Suisse a un positionnement moyen – située au 17e rang, elle est exactement à la médiane de l’OCDE. Cette évaluation est surtout liée au manque d’affinité pour l’entrepreneuriat, à l’activité de start-up relativement limitée et aux obstacles réglementaires dans les processus de création ou de faillite d’entreprises. Les facteurs positifs incluent l’infrastructure numérique et l’orientation internationale des start-ups.

Reto Savoia, CEO adjoint de Deloitte Suisse, explique: «En termes de start-ups, la Suisse a encore du chemin à parcourir. Dans notre pays, l’affinité de la population pour l’entrepreneuriat est inférieure à celle de pays anglo-saxons comme les Etats-Unis, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. Des mesures doivent surtout être prises au niveau du statut de l’entrepreneuriat. Il s’agit en effet d’affirmer l’entrepreneuriat et les start-ups en tant qu’options de carrière et de préparer les étudiants et les apprentis en conséquence.

L’aide à la création d’entreprises est également cruciale, par le biais de liens étroits entre l’université et les entreprises, d’une promotion des start-ups par les universités et d’accélérateurs privés. La Suisse a déjà fortement renforcé son positionnement dans ce domaine, mais elle reste en retard par rapport aux meilleurs du monde.»

Investissements et brevets

Le troisième pilier de l’indices mesure les investissements dans l’innovation, comprenant d’une part les investissements en capital, d’autre part les investissements dans le capital intellectuel numérique, mesuré par les brevets. Au niveau des investissements et brevets, la Suisse figure parmi les dix premiers pays. Les investissements en TIC sont très élevés, mais la création de valeur du secteur des TIC est relativement limitée. Par ailleurs, le nombre de brevets numériques par personne est relativement élevé par rapport au reste de l’OCDE. Cependant, les technologies numériques s’imposent encore trop peu en comparaison aux brevets d’autres technologies.

«Si l’on considère le nombre de brevets numériques par personne, la Suisse se place dans les 10 premiers. Mais les technologies numériques ont une portée très inférieure à la moyenne; l’utilisation des technologies numériques dans d’autres champs technologiques, c’est-à-dire leur taux de pénétration, est loin derrière le niveau des leaders dans ce domaine», explique Marc Bros de Puechredon, Membre du Directoire de BAK Economics.

Il ajoute : «L’étude révèle que les technologies numériques en Suisse, prises individuellement, sont à la hauteur sur le plan international, mais la Suisse présente des lacunes dans l’imbrication de ces technologies. La Suisse n’applique pas les compétences numériques dont elle dispose au développement d’autres technologies, comme le fait la plupart des pays concurrents. La Suisse fait donc face au défi de promouvoir la mise en réseau et l’imbrication de ses possibilités technologiques.»

Les entreprises suisses doivent devenir plus numériques

La force d’innovation de la Suisse repose surtout sur des secteurs traditionnels fortement ancrés en Suisse comme la pharmacie, la chimie ou la mécanique. En revanche, quand il s’agit de l’innovation numérique, l’indice montre que la Suisse ne joue pas vraiment dans la cour des grands. La récente liste des entreprises les plus innovantes du monde, basée sur une enquête auprès de dirigeants d’entreprises, le confirme: aucune société suisse ne figure dans le top 50. Les premiers rangs sont occupés par des experts du numérique comme Apple, Google, Airbnb, Netflix ou Uber. Les innovations très remarquées sont surtout apparues dans le domaine numérique, notamment dans le business-to-consumer.

Reto Savoia commente: «L’accent que mettent les entreprises sur le développement et l’utilisation d’innovations numériques, et sur l’optimisation de leurs processus, est absolument fondamental. Avec les incitations et conditions cadres appropriées, l’Etat peut exercer une influence non négligeable, quoique indirecte, sur la capacité d’innovation numérique d’un pays. Les entreprises jouent donc un rôle clé lorsqu’il s’agit d’améliorer la position de la Suisse dans l’indice de capacité d’innovation numérique. Certes, les entreprises suisses se rendent compte de l’importance de la numérisation depuis longtemps, mais dans la plupart des entreprises, le potentiel semble avoir à peine été exploité.»

AGEFI

 



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