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Le franc reviendra-t-il à 1,20 face à l’euro?
 
Le 12-10-2017

La monnaie suisse continue son affaiblissement entamé cet été. Le retour au niveau du taux plancher est envisageable, mais elle n’est pas à l’abri de nouvelles tensions sur les marchés

Le franc va-t-il revenir à 1,20 pour 1 euro, ce niveau qu’il n’a plus retrouvé depuis le retrait du taux plancher en janvier 2015? C’est l’avis des analystes de Bank of America Merrill Lynch. Dans une note publiée la semaine dernière, ils estiment que le taux euro/franc atteindra «au moins» 1,20 d’ici à la fin de 2018, en se basant sur les flux de la balance des paiements qui montrent que les investisseurs étrangers continuent de vendre des actifs libellés en francs.

De fait, l’affaiblissement du franc a repris après quelques à-coups. Entamée en juillet, la dépréciation de la monnaie suisse l’avait vue passer de 1,08 à près de 1,15 en l’espace de quelques semaines jusqu’à atteindre les 1,16 à la mi-septembre. Le franc s’est renforcé les jours qui ont suivi, mais depuis quelques jours la baisse semble avoir repris, malgré les tensions en Espagne autour de l’indépendance votée en Catalogne.

«La bataille n’est pas gagnée»

Pourtant, ajoutent les experts de la banque américaine, «la bataille n’est pas gagnée», comme le montrent les quelques pics de volatilité observés régulièrement. «La Banque nationale suisse (BNS) va garder les interventions (sur les marchés des changes) comme outil de sa politique monétaire.» L’institution ne devra pas se montrer «complaisante dans sa rhétorique concernant la monnaie», ajoutaient-ils encore. La BNS elle-même l’a indirectement indiqué lors de son dernier examen de la situation économique et monétaire: le franc n’est plus «nettement surévalué», ce terme ayant disparu de son communiqué trimestriel. L’institution évoquait même une «réduction» de sa «nette surévaluation».

Nous ne sommes pas à l’abri d’un retour de la volatilité ou d’événements inattendus

«Avant la réunion de la Banque centrale européenne qui se tiendra le 14 décembre, il y a peu de chance que la paire euro/franc atteigne les 1,20», prévient Arnaud Masset, analyste de marché, spécialisé dans les changes chez Swissquote, estimant que l’euro a comblé cet été le retard qu’il avait accumulé contre le franc alors que les investisseurs anticipaient une réduction du soutien de la BCE à l’économie de la zone euro. Mais à long terme, le retour à 1,20 «reste un scénario envisageable, pour autant que l’inflation poursuive sa remontée dans la zone euro». Or, «les dernières estimations ne vont pas dans la bonne direction» poursuit l’analyste, citant l’inflation dite de base, qui a fléchi à 1,1% en rythme annuel en septembre. Pour lui, la BCE restera «très prudente» et prendra des mesures «limitées», pour éviter un renforcement dommageable de l’euro, à la fois pour la croissance et pour l’inflation.

Pour la BNS, de là à relâcher sa politique monétaire et retirer ses taux négatifs, il y a un pas que peu d’économistes sont prêts à franchir. Le Libor à trois mois, qui évolue dans une marge entre – 1,25% et – 0,25%, pourrait bien rester inchangé l’année prochaine encore, estime un économiste zurichois. Qui préfère la prudence: «Nous ne sommes pas à l’abri d’un retour de la volatilité ou d’événements inattendus, la Catalogne est là pour nous le rappeler.»

Mathilde Farine
LE TEMPS

 



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