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«Vendre son entreprise devient moins tabou»
 
Le 20-04-2017

Un livre pour aider les patrons à vendre leur PME sort en librairie. Un sujet complexe, selon son auteur principal.

Un Guide de la transmission d’entreprise vient de paraître. Edité par la FER Genève et rédigé en collaboration avec la Jeune Chambre internationale de Genève et le Canton, il aborde une question essentielle: un cinquième des entreprises suisses va changer de mains dans les cinq ans à venir, selon une étude de Credit Suisse, une des rares sur ce sujet tabou. Entretien avec Anthony Montes, directeur de la Promotion à la FER Genève et coordinateur de ce guide.

Pourquoi publier un tel guide maintenant?

Ça fait sept ans que la FER Genève travaille sur les transmissions d’entreprise. On a mis en place des séances d’information gratuites à ce sujet en 2010. On a ensuite proposé des ateliers plus poussés, dans lesquels on fait venir des professionnels du secteur, des fiscalistes, des avocats. L’association romande Relève PME, neutre, créée dans la foulée, vise à sensibiliser les patrons. Le guide vient compléter ces étapes. Il s’adresse aux petites et moyennes entreprises en Suisse romande, lesquelles ont moins de moyens que les grandes pour assumer une transmission et qui peuvent plus facilement se tourner vers les grandes banques et les fiduciaires dans ce cadre. Notre premier but est de sensibiliser.

A quel point les enjeux sont-ils importants?

Credit Suisse fournit quelques données: une PME sur cinq prévoit la transmission de son entreprise dans les cinq années qui suivent et plus de la moitié des gérants de PME ont entre 50 et 65 ans. En Suisse, 560 000 personnes sont âgées entre 60 et 65 ans, et sont donc proches de la retraite. En 2030, avec l’augmentation démographique, ce chiffre devrait grimper à 750 000. Il devrait y avoir une forte hausse des successions d’entreprise dans un avenir proche.

Est-ce un problème?

En Suisse, une transmission d’entreprise est vue comme une fin, pas un échec, mais le sujet est souvent tabou. Il y a une charge émotive pour un patron qui a consacré sa vie à son entreprise. Du coup, les transmissions sont mal préparées, ce qui aboutit souvent à la fermeture de l’entreprise. En France, c’est moins tabou. Les portails recensant les entreprises à remettre sont plus courus. En Suisse, ces plates- formes commencent à exister. Mais il ne s’agit que de vitrines qui ne disent rien de l’état financier des entreprises.

Quels sont les principaux obstacles dans la transmission d’une entreprise?

La préparation psychologique, mais aussi juridique. Un tiers des 28 000 membres de la FER Genève sont des personnes physiques. Or, passer d’une raison individuelle à une Sàrl (ndlr: société à responsabilité limitée) ou une SA (ndlr: société anonyme) permet souvent de payer moins d’impôts sur le produit de la vente. Pour valoriser son entreprise, il vaut aussi la peine de se faire accompagner par un spécialiste. Et il faut trouver un repreneur.

C’est difficile?

Ça dépend. On peut en trouver au sein de la famille, parmi les collaborateurs. Des organisations comme la Fondetec ou la FAE peuvent aider. Des concurrents ou des fournisseurs peuvent aussi se porter candidats à la reprise. On déconseille aux patrons de rester le moteur de leur entreprise, ils doivent faire en sorte qu’elle puisse tourner sans eux. Dans presque un tiers des cas, l’entreprise disparaît faute de repreneur, selon Credit Suisse.

Sept ans après les premières sensibilisations de la FER Genève, voyez-vous des résultats?

Les études sont difficiles à réaliser, faute de données. Mais il y a des signes: les ateliers et les séances d’information organisés à la FER attirent toujours plus de monde. C’est le signe que les tabous se lèvent. Les gens se montrent plus facilement quand ils ont la casquette de cédant. Les chiffres des radiations d’entreprises à Genève sont stables. Aujourd’hui, tous les services pour accompagner une transmission d’entreprise existent. Aux patrons d’y recourir.

Par Richard Etienne
24heures.ch

 



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