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Une usine d’Ecublens veut délocaliser en Tchéquie
 
Le 20-04-2017

Le personnel de Thermo Fisher a fait grève mercredi dans l’espoir d’empêcher une centaine de licenciements. Le mouvement sera reconduit jeudi.

Mercredi matin à Ecublens, les employés de la société Thermo Fisher étaient sonnés, mais combatifs. Réunis en assemblée la veille, ils avaient pris la décision de débrayer pour protester contre un projet de délocalisation de leurs emplois en République tchèque. Forte de 55 000 employés dans le monde, la multinationale américaine est active à Ecublens dans le développement et la fabrication de spectromètres à émission optique et à rayons X. Dans une lettre adressée à son personnel le 6 avril dernier, elle a annoncé son intention de déplacer sa production et une partie des activités de recherche et développement dans la ville Tchèque de Brno. L’opération entraînerait le licenciement de 106 employés sur les 165 que compte le site d’Ecublens.

«C’est une baffe monumentale!» s’exclame un employé posté devant les locaux de l’entreprise. Pour lui comme pour ses collègues, l’annonce de ce licenciement collectif fait l’effet d’une bombe: «C’est d’autant plus difficile à encaisser que ces dernières années nous avons fait tout juste.» Un de ses compagnons d’infortune explique: «Nous avons accepté des périodes de chômage technique quand on nous les a demandées, et nous sortons de trois mois d’heures supplémentaires. Nous avons toujours été très dociles.» Beaucoup partagent le sentiment d’avoir été trahis par l’entreprise: «Partir en Tchéquie lui permet simplement d’économiser sur les coûts salariaux!» déplore un ouvrier de la ligne de production. La direction du site d’Ecublens n’a pas répondu à nos sollicitations. Dans sa lettre au personnel, l’entreprise explique toutefois que les projets pouvant causer la perte d’emplois «ont pour objectif de renforcer notre position de compétitivité globale, de nous aider à mieux servir nos clients et de permettre la croissance future de notre entreprise.»

Unia persona non grata

Le syndicat Unia s’est lui aussi engagé dans la bataille à l’appel de quelque 120 employés de Thermo Fischer. «L’entreprise refuse encore de nous inclure dans les négociations. Nous avons décidé de répondre à ce blocage par la mobilisation», explique Abdou Landry, secrétaire syndical. Le syndicat demande à participer au processus de consultation qui doit durer jusqu’au 2 mai, avec pour objectif affiché de sauvegarder l’ensemble des emplois menacés. Il demande également à consulter les documents de l’entreprise justifiant la délocalisation. Sur ces points, l’entreprise n’est pas entrée en matière au terme d’une rencontre en milieu de journée, mercredi. Conséquence: «Les travailleurs ont décidé de reconduire le débrayage jeudi. En attendant, les négociations avec la direction sont rompues», annonce Abdou Landry.

Pour débloquer la situation, le syndicat Unia fera désormais appel aux bons offices du Département de l’économie du canton de Vaud. «Etant donné que nous contestons la validité du processus de consultation, nous voulons que le Conseil d’Etat entre en jeu pour organiser une nouvelle rencontre entre la direction, la commission du personnel et Unia», conclut Abdou Landry.

Par Chloé Banerjee-Din
24heures.ch

 



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