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«La Suisse est dans l’ADN de Kudelski»
 
Le 17-02-2017

Kudelski a vu son chiffre d’affaires augmenter de 50% à 75 millions de francs en 2016. Cette année, il publiera ses comptes en dollars. Son directeur explique son positionnement aux Etats-Unis

Kudelski a publié jeudi des résultats 2016 en progression. L’occasion de s’entretenir avec son directeur, André Kudelski, pour évoquer notamment le développement de ses activités aux Etats-Unis.

Le Temps: Après avoir annoncé l’ouverture d’un deuxième siège aux Etats-Unis en 2016, vous venez d’y racheter coup sur coup deux sociétés. Kudelski est-il en train de basculer totalement de l’autre côté de l’Atlantique?

André Kudelski: Il s’agit d’adapter la répartition des forces du groupe en fonction des nouvelles opportunités. Ce deuxième siège et ces acquisitions s’inscrivent dans la logique de notre stratégie globale. Dans certains secteurs porteurs, comme la cybersécurité, la télévision via Internet ou l’Internet des objets, il faut être «physiquement» présent aux Etats-Unis. Car ce pays représente à lui seul plus de 50% du marché mondial dans ces domaines. Cela se traduit par une augmentation de nos effectifs aux Etats-Unis, avec environ 700 employés à l’heure actuelle, pour un total de 3800 dans le groupe.

- Kudelski semble aujourd’hui focalisé sur la cybersécurité. Que représente-elle pour le groupe?

- La profitabilité et la solidité de notre «core business» nous permettent d’investir de manière importante dans ce secteur à très fort potentiel. La part des activés de cybersécurité devrait donc connaître une forte croissance dans les trois prochaines années. Ce secteur représente pour nous une formidable opportunité de valoriser nos technologies dans diverses industries où la sécurité est devenue un enjeu majeur.

- Peut-on imaginer que Kudelski quitte la Suisse pour l’Arizona?

- Nous ne l’imaginons pas car la Suisse fait partie de notre ADN. Il est très important pour nous de mettre en valeur notre centre de recherche et développement suisse, en particulier dans le domaine de la sécurité. De même, il faut être très présent aux Etats-Unis pour être proches de nos clients et saisir les opportunités. Nous déplaçons certains de nos employés de Suisse vers les Etats-Unis, mais notre siège social restera à Cheseaux-sur-Lausanne.

- Cette année, vous allez pour la première fois publier vos chiffres en dollars. Le refus de la RIE III ce week-end pourrait-il avoir un impact sur l’emplacement de votre siège international?

- Non. De manière générale, je trouve le refus de la RIE III extrêmement dommageable pour notre pays, notre économie suisse et le marché du travail. Cela étant, notre groupe générant la majorité de son chiffre d’affaires hors de Suisse, ce refus ne nous touche pas directement. Cependant, le message envoyé par le vote de dimanche dernier n’est pas rassurant, car les propositions alternatives à la RIE III pourraient être très dommageables pour les entrepreneurs suisses.

- Vous venez de signer un contrat de collaboration avec un des leaders mondiaux du secteur l’Internet des objets. Comment appréhendez-vous ce marché?

- Le potentiel est énorme, que ce soit pour sécuriser des objets industriels liés à la domotique ou par exemple les voitures. Les compétences que nous avons acquises depuis près de 30 ans notamment en sécurisant les télévisions à péage – qui faisaient partie des premiers objets connectés – avec un mix de software et de hardware, nous sont très utiles dans ce marché. Nous allons poursuivre le développement de partenariats à l’échelle mondiale, mais également valoriser nos technologies existantes.

- Les gens regardent de moins en moins la télévision de manière linéaire et visionnent de plus en plus de petites vidéos sur Facebook. Parvenez-vous à vous adapter à ce marché?

- Oui, mais ils continuent de regarder la télévision, même si c’est d’une façon différente. Le contenu premium doit toujours être protégé, quel que soit le mode de consommation. De plus, nous sommes des pionniers du nouveau mode «non linéaire» de visionnement de contenus vidéo; il s’agit d’ailleurs de brevets qui nous ont permis de générer de revenus de licence importants. Nous travaillons par exemple avec Netflix pour sécuriser leur contenu. Il existe de nouvelles façons de «monétiser» le contenu vidéo et le groupe suit de près ces tendances afin d’adapter son offre aux nouvelles possibilités.

- Vous ne cessez de conclure des accords de licence avec de grands groupes tels Apple ou Google. Quelle est la part de ces revenus de licence dans votre chiffre d’affaires?

- Elle est importante, même si nous ne communiquons pas de chiffres. Ces revenus nous permettent de financer la recherche dans de nouveaux domaines. Et les accords croisés de licence, par exemple avec Google, nous permettent de mettre à disposition de nos clients un éventail de technologies propriétaires inégalé, afin de renforcer la pertinence de leur offre vis-à-vis de leurs clients en consommateurs.

Anouch Seydtaghia
LE TEMPS

 



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