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«La FAE peut désormais se tourner vers les grandes entreprises»
 
Le 07-12-2018
de WebNews Industry® - News des associations et de la formation

Le relèvement du plafond de cautionnement voté ce matin à Berne change la donne. La Fondation d’aide aux entreprises (FAE) à Genève, comme ses consœurs des autres cantons romands, peut désormais élargir son soutien à de plus grandes entreprises.

Conformément à sa mission, la Fondation d’aide aux entreprises (FAE) intervient de manière subsidiaire pour faciliter l’accès au financement à des entreprises viables basées dans le canton de Genève. L’objectif, au-delà de traiter des problématiques strictement de financements, est de favoriser le développement des PME genevoises. La FAE a été fondée en 2005, sur la base de la loi sur l'aide aux entreprises, votée par le Grand Conseil genevois. Composée de spécialistes en finance et en gestion, elle est au service des entreprises du canton de Genève. La FAE est également l’antenne cantonale genevoise de Cautionnement romand. Dans ce cadre, la FAE partage les risques sur les cautionnements octroyés pour des crédits jusqu’à 500.000 francs. Le Cautionnement romand bénéficiant lui-même d’une garantie de la part de la Confédération pour des crédits de cette valeur maximale.

En 2017, le soutien de la FAE atteint 18.7 millions de francs (en hausse de 400.000 francs), au travers de 73 prestations dont ont bénéficié 67 PME genevoises. En ajoutant 4.6 millions provenant des financements assumés directement par les banques, mais obtenus grâce à son intervention, la FAE a permis d’injecter 23.3 millions dans l’économie genevoise.

Si l’apport de la FAE augmente un peu plus chaque année, le relèvement du plafond de cautionnement de 500.000 francs à 1 million de francs pour Cautionnement romand, voté hier à Berne, change la donne. La coopérative genevoise comme ses consœurs des autres cantons romands voit son éventail d’entreprises aidées s’agrandir. Elle peut désormais élargir son soutien à de plus grandes entreprises. Entretien avec Patrick Schefer, directeur de la FAE.

Quel est le «levier» pouvant être obtenu avec ce relèvement du montant maximum de cautionnement? Doit-on s’imaginer que le montant du prêt bancaire accordé avec un cautionnement est identique au montant du cautionnement, ou la somme du prêt bancaire peut-elle dépasser celui-ci?

La norme, du point de vue bancaire, est que le cautionnement doit couvrir 120% du montant. En d’autres termes, pour avoir un prêt de 100.000 francs, il faut cautionner 120.000 francs. Après, c’est au gré de la négociation pour chaque cas. Ainsi, on peut avoir une banque qui accorde une partie sans cautionnement, et le reste avec la garantie de la FAE. Mais cela reste une situation d’exception, soit entre 15 à 20% des cas présentés. En 2017, nous avons soutenu près d'une septantaine d’entreprises.

Quels changements va vous apporter ce relèvement du plafond de cautionnement?

Il est bien d’apporter une précision sur le cas du canton de Genève. Aujourd’hui, on propose sur le sol genevois la prestation du Cautionnement romand. Mais, ici, on peut également s’appuyer sur une loi genevoise, pour compléter notre offre. C’est-à-dire que toutes les opérations qui dépassent le million peuvent se faire grâce à cette loi genevoise. Ce sont des cas rares, mais cette possibilité existe.

Néanmoins, jusqu’à aujourd’hui, en raison de cette limite à 500.000 francs de Cautionnement romand, la FAE arrivait surtout à soutenir les petites entreprises. On parle de sociétés qui comptent entre 5 à 10 collaborateurs en moyenne.

En effet, pour les plus grandes, notre aide n’est pas forcément adaptée. Dans le domaine de la transmission d’entreprise, par exemple, il pouvait être difficile d’intervenir en raison des valorisations des sociétés qui nécessitaient des financements supérieurs aux capacités de Cautionnement romand. À titre d’illustration, la valeur d’une entreprise se calcule en fonction des bénéfices qu’elle réalise, généralement, 5à 10 fois. En d’autres termes, si une entreprise fait 200.000 francs de profits, sa valeur est d'un million à deux millions de francs, selon le secteur d’activité notamment.

Et justement, dans ces cas, ces entrepreneurs-là se retrouvent très vite bloqués, car un cautionnement de Cautionnement romand pour une valeur de 500.000 ne leur suffit généralement pas. Bien entendu, à Genève, elles ont la possibilité de faire une demande en parallèle à la FAE. Mais ce n’est pas le cas dans les autres cantons romands, et cette démarche supplémentaire demande du temps et de la complexité, car cela multiplie les acteurs. En résumé, grâce à ce relèvement du plafond de cautionnement à 1 million de francs, cela nous permettra d’œuvrer pour des entreprises de plus grandes tailles. Ce qui est en fin de compte également le but de la FAE.

Un relèvement du montant maximum permet-il aussi aux entreprises d’espérer des conditions d’octroi du prêt bancaire encore plus favorables que par le passé, en particulier au niveau du taux d’intérêt?

Oui et non. Actuellement, les banques exercent un taux d’intérêt bas. L’impact du relèvement du cautionnement ne sera donc pas vraiment visible. Par contre, si les conditions du taux se renchérissent, l’impact sera plus important. Ce qu’il faut voir, c’est qu’à travers le cautionnement, nous fournissons avant tout une garantie de première qualité à la banque. Ce qui permet à l’établissement bancaire de réduire ses risques et donc d’améliorer les ratios. Les marges sont actuellement très faibles dans les banques. L’amélioration des taux tourne en effet autour de 0,5 et 1%. Quand les taux d’intérêt étaient plutôt entre 7% et 8%, l’impact était de 1,5% à 2%.

Pensez-vous que le cautionnement sera nettement plus sollicité grâce à ce relèvement ? Quel pourrait être son impact sur le développement des affaires?

C’est l’objectif. Cela étant, c’est compliqué à estimer réellement. Je ne pense pas qu'on sera forcément inondés de demandes. En 2017, nous avons aidé près d'une septantaine d’entreprises. Disons qu’à la FAE, environ 20% de ses demandes concernaient des cautionnements supérieurs à 500.000 francs. Les entreprises soutenues devraient donc augmenter de cet ordre-là pour l’an prochain.

Matteo Ianni
AGEFI

 



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