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Les formateurs répondent au défi numérique
 
Le 27-11-2018
de WebNews Industry® - News des associations et de la formation

Si peu de métiers inédits liés au digital sont exposés lors du Salon des métiers et de la formation de Lausanne, toutes les professions sont touchées par cette mutation.

Le Salon des métiers et de la formation de Lausanne ouvre ses portes ce mardi. Durant une semaine, il présente plus de 500 métiers et formations aux jeunes qui approchent de la fin de leur scolarité obligatoire. Le long des presque dix années d’existence de la foire, les métiers présentés sont globalement restés les mêmes. Cependant ils ont presque tous été marqués par la numérisation croissante du monde professionnel.

Nathanael Ha-Vinh, directeur du salon, signale: «Nous avons toujours eu la promotion de l’informatique et de la robotique en ligne de mire. L’un des sept secteurs qui découpent le salon est nommé Industrie technique, mécanique et informatique: c’est là qu’est exposé le cœur des innovations proposées aux jeunes. Or, cet espace occupe un cinquième de la surface du salon.» S’il ne juge pas qu’il y ait eu une prise de conscience particulière durant la dernière décennie, il considère que la tendance à la démocratisation de l’informatique reste soutenue. «Nous observons une tendance générale: la digitalisation englobe toutes les professions. Chaque métier se transforme en profondeur, même là où on s’y attendait le moins.» Selon lui, des travailleurs tels que les meuniers, les agriculteurs ou encore les grutiers font face à des interfaces informatisées de plus en plus complexes. «Si les métiers en tant que tel n’ont pas vraiment changé, leurs outils se sont modernisés afin d’être plus performants», affirme celui qui gère le rassemblement depuis ses prémices, en 2010.

Déferlante sur les outils de l’industrie

Cette tendance est confirmée par Antonio Rubino, secrétaire général du Groupement Suisse de l'Industrie Mécanique (GIM-CH). Il déclare que les jeunes qui s’intéressent aux métiers de l’industrie MEM – celle des machines, des équipements électriques et des métaux – sont confrontés de plus en plus tôt à la prise en main d’interfaces numériques. «La digitalisation prend de l’importance dans nos professions car les machines voient leurs commandes conventionnelles évoluer vers des systèmes pilotés informatiquement. Le métier d’automaticien, par exemple, a de moins en moins trait à l’assemblage et au câblage de la chaîne de production alors qu’il se rapporte davantage à la programmation. Cette transition va de pair avec la formation que nous devons donner aux jeunes», justifie-t-il.

Au sein du Centre de formation vaudois de l'industrie (CFVI) où se forment plus de 400 apprentis par année, ce type d’enseignement est aujourd’hui parfois dispensé dès la première année de formation, contrairement aux anciennes pratiques qui le réservait à la quatrième et dernière année d’études.

La santé et le social concernés également

«Si le passage au numérique s’opère également dans le domaine de la santé et du social, le contact humain restera toujours fortement valorisé dans ces domaines», nuance quant à elle Isabelle Meister, directrice du Centre d’information des professions santé-social, le CiPS Vaud. Au cœur d’Expo Beaulieu, quinze exposants font découvrir 37 professions de la santé et du social aux visiteurs. «Cet espace fait preuve d’évolution continue puisqu’il était composé de quatre exposants lors de la première édition», dit-elle. Sur place, ceux-ci proposent des ateliers variés et complémentaires pour présenter leur domaine d’activité: «Ils évoluent avec les technologies. D’ailleurs, la réalité virtuelle y fait son apparition.»

Jusque dans les forêts

Bûcheron, contremaître forestier, conducteur d'engins,… Bien que les professions forestières ne soient pas vraiment impactées par la numérisation, les technologies pénètrent néanmoins jusqu’à ces activités, notamment en matière de promotion. «Lors du salon, les images de nos cursus ne sont plus diffusées sur des écrans télé mais sur des tablettes, permettant ainsi un meilleur dialogue avec les visiteurs», commente Roger Burri, directeur du Centre de formation professionnelle forestière situé au Mont-sur-Lausanne.

Souplesse en médiamatique

Du côté des médiamaticiens, ces professionnels polyvalents dédiés aux médias du numérique, la question de l’impact digital ne se pose pas. «Notre profession évolue constamment», affirme Roland Besse, vice-président de l’association professionnelle ICT Médiamatique Romande. «Dans la perspective de la digitalisation 4.0, nous avons eu la chance de pouvoir réviser complètement l’Ordonnance de la formation initiale de médiamaticien cette année. La précédente datant de 2010, cette refonte totale correspond à une adaptation aux attentes des entreprises et établissements, notamment dans les domaines du marketing et des réseaux sociaux.»

Animer des plateformes telles que Facebook, LinkedIn ou Instagram et produire du contenu pour YouTube font en effet désormais partie du cursus.

L’informatique, entre nouveautés et suppressions

«La digitalisation est l'un des moteurs de nos métiers», appuie de son côté François Mayer, responsable de la formation initiale au Groupement romand de l’informatique (GRI). «Il est donc bien naturel que les apprentissages dans le domaine des technologies de l'information et de la communication bénéficient d'un plan de formation modulaire qui reflète les évolutions du marché.» Pour répondre à ces exigences, de nouvelles formations sont nées cette année, comme le certificat fédéral de capacité d'opérateur en informatique. «Cette formation dure trois ans et est orientée sur le support aux utilisateurs, tant sur les plans techniques qu'applicatifs», dit-il. D’autres ont été supprimées. «La dernière volée d’attestation fédérale de formation professionnelle en aide en informatique se terminera en juillet 2019. Son plan de formation était un peu étroit et, dans le même temps, les exigences de l'industrie ont augmenté.»

Des fonctions jamais vues

Digital Project Manager, spécialistes en médias sociaux ou en stratégie digitale, développeur Wordpress ou Frontend & Javascript ou encore UX Designer: ces dénominations sont autant de nouveaux métiers du digital, jamais vues encore il y a quelques années. Ils sont désormais couverts par des formations très spécifiques au sein de l’institut de formation suisse SAWI, spécialisé dans les domaines du marketing, de la vente et de la communication. Gregory Oswald, directeur communication et admissions de l’établissement, explique: «Outre l’enseignement de ces nouvelles professions, toutes nos formations s’adaptent en temps réel à l'évolution ultra-rapide des besoins du marché de l’emploi suisse en intégrant le digital partout: c’est désormais l'outil transversal à tous nos métiers.»

Pour Nathanael Ha-Vinh, si la transition numérique menace certains emplois, une bonne formation serait un paravent professionnel efficace. «Selon les statistiques, 20 à 30% des professions actuelles devraient disparaître à moyen ou long terme à cause de la digitalisation et de la robotisation. Je suis convaincu cependant que les métiers les plus touchés seront ceux qui exigent moins de formation, comme livreur ou chauffeur, des fonctions qui peuvent être remplacées par des drones ou des autopilotes.» Il conclut qu’une personne à la formation initiale solide multipliera ses chances dans le monde du travail du futur.

Premiers pas dans l’univers professionnel

Du 27 novembre au 2 décembre, le Salon des métiers et de la formation accueille les jeunes et les moins jeunes au sein d’Expo Beaulieu. L'occasion est idéale pour les écoliers, gymnasiens, parents, enseignants, conseillers en orientation et formateurs de découvrir les différentes options envisageables en fin de scolarité obligatoire. Ciblant surtout les jeunes de 10e et 11e années, ce rassemblement gratuit est cependant ouvert à tous: les adultes en reconversion professionnelle y sont également les bienvenus. Au total, 30.000 visiteurs sont attendus.

Nathanael Ha-Vinh décrit: «Notre évènement présente toutes les formations initiales et continues qui existent actuellement en Suisse. Il offre un beau panorama du monde professionnel et permet à chacun de poser ses questions, non seulement aux responsables de formation mais aussi aux apprentis eux-mêmes.»

Session de conseils pratiques pour trouver une place d’apprentissage, simulations d’entretien d’embauche, conférences destinées aux parents sont au programme durant toute la semaine.

Sophie Marenne
AGEFI

 



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