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La Haute école d’ingénierie de Sion fait place à l’expérimentation
 
Le 21-11-2018
de WebNews Industry® - News des associations et de la formation

Pour ses 30 ans, l’établissement de formation s’offre une expérience pédagogique en immersion.

La Haute école d’ingénierie de Sion souffle jeudi ses 30 bougies, via une journée anniversaire. Au programme: conférences et tables rondes tournant autour de la numérisation, de la manufacture du futur et du rôle de l’ingénieur.

«Nous constatons que bon nombre d’entreprises réinvestissent en Suisse, après avoir délocalisé à l’étranger. Nous pouvons dès lors nous poser la question de savoir si ce phénomène est lié à la numérisation, qui exige moins de personnel mais plus d’employés qualifiés», explique Gaëtan Cherix, directeur de la haute école. Il s’agit, d’ailleurs, d’une interrogation qui va occuper les réflexions. «Se pose aussi la question de la manière de faire évoluer nos formations afin qu’elles répondent aux exigences des métiers de l’industrie de demain», ajoute le directeur.

La journée se subdivisera en deux temps. Le matin réunira politiques et industriels autour de trois conférences. «Ces dernières seront suivies par une expérience d’apprentissage. Cela fait sens si l’on garde à l’esprit que nous sommes un lieu de formation», rappelle Gaëtan Cherix. Le directeur ne souhaite pas en dire plus afin de maintenir l’effet de surprise. Près de 150 personnes prendront part à cette expérience.

L’après-midi, 300 participants assisteront à des conférences et des tables rondes. Parmi les conférenciers, figurent André Borschberg, fondateur d'H55 et copilote de Solar Impulse, ainsi que Bertrand Ducrey, directeur général de Debiopharm. C’est sur le site de son nouveau campus Energypolis, proche de la gare de Sion, que la Haute école d’ingénierie accueillera ses invités.

Dès 2020, l’établissement rejoindra le pôle EPFL Valais sur ce nouveau site. «Cela fait longtemps que nous collaborons avec cette haute école. Ce regroupement facilitera les contacts. L’EPFL représente un acteur complémentaire. Nous sommes plus axés sur l’industrialisation avec des projets de deux à cinq ans. Je ne dis pas que les choses sont faciles mais il y a une volonté commune de développer les partenariats», confie Gaëtan Cherix.

Motiver les jeunes et développer l’esprit critique

En 30 ans d’existence, l’école a connu énormément de changements. Le plus important? «Le passage d’une école cantonale à un établissement membre de la HES-SO. Cela a permis de mutualiser les forces. Dans le cadre de mon travail, je suis en contact un jour par mois avec tous les directeurs des autres hautes écoles partenaires», répond le Valaisan. Depuis 2015, l’institut de recherche et de formation bénéficie également d’une plus grande autonomie, avec un rectorat indépendant.

La devise «learning by doing» demeure, elle, depuis trois décennies. «Nos étudiants mènent beaucoup de travaux en laboratoire. Nous restons orientés sur le développement de compétences professionnelles», indique Gaëtan Cherix. Le lieu de formation est aussi très focalisé sur la recherche appliquée. Et cela dès ses débuts. «Notre chiffre d’affaires provient pour moitié de la recherche et du développement, le reste étant lié à l’éducation».

A l’avenir, les ingénieurs devront davantage être dotés d’un esprit critique qui permette de résoudre des problèmes complexes, selon le directeur. «La créativité fera aussi la différence par rapport au travail d’une machine. Sans oublier les capacités relationnelles qu’il faudra davantage développer».

Autre grand défi de l’école: motiver les jeunes à devenir ingénieur. «La Lonza va investir près d’un milliard de francs à Viège, avec des centaines d’emplois à la clé. Il s’agit de trouver la bonne manière d’attirer les élèves vers les professions de l’ingénierie».

«Le tournant numérique nécessite de connaître le métier des autres»

Nicola Thibaudeau, CEO et administratrice déléguée de MPS Microsystems, participera à une table ronde sur les grandes tendances au sujet des métiers du futur, à l’occasion des 30 ans de la Haute école d’ingénierie de Sion. Elle évoquera tout particulièrement la numérisation. «Le tournant numérique entraîne de nouvelles méthodes de travail qui font place à davantage de collaborations et de pluridisciplinarité. Auparavant, les fonctions demeuraient plus cloisonnées et un salarié ne connaissait pas forcément le métier des autres collègues. Les tâches sont désormais plus partagées, ce qui implique une agilité plus grande sur son lieu de travail», explique la cheffe d’entreprise. Un autre grand défi: l’utilisation pertinente des données numériques.

Basé à Bienne depuis 2008, MPS Microsystems se trouve en première ligne au niveau des nouvelles technologies. La société développe des microsystèmes électromécaniques de haute précision. Elle a notamment créé des actionneurs implantables miniaturisés qui permettent de soutenir les fonctions des organes du corps humain. Ce dispositif breveté, qui consomme très peu d’énergie, est doté d'un système intelligent de transmission de données sans contact. Une connexion sans fil assure, en effet, la liaison entre l’implant et le dispositif de contrôle externe. Cet instrument trouve notamment une application dans le domaine des incontinences urinaires.

Candidats à l’embauche

Le secteur médical du groupe bernois se trouve en croissance, tout comme ceux dédiés à l’optique et à l’horlogerie. «Nous prévoyons, d’ailleurs, d’augmenter notre budget de 15%, l’an prochain», souligne Nicola Thibaudeau.

Filiale du groupe allemand Faulhaber, la firme emploie 400 collaborateurs sur ses trois sites de Bonfol, Court et Bienne. «Du fait de cette répartition géographique sur plusieurs endroits, nous restons une société à taille humaine», précise la directrice générale.

La présence de la société à Sion jeudi lui permet de davantage se faire connaître. Et pourquoi ne pas recruter de futurs ingénieurs? «Je n’y avais pas pensé. Mais oui, cela nous invite à entrer en contact avec de potentiels candidats à l’embauche. Dans tous les cas de figure, les jeunes qui sortiront de l’école d’ingénieurs sédunoise seront soit nos employés, soit nos clients, voire encore nos ambassadeurs», déclare Nicola Thibaudeau. Pour elle, il est également important de prendre le pouls de la situation en Valais et d’aller voir ce qui se passe ailleurs. «Ce canton dispose de compétences numériques. C’est l’entreprise valaisanne Soprod qui a, par exemple, conçu les modules pour la montre connectée de LG», indique la CEO.

Maude Bonvin
AGEFI

 



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