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Pour ETSM, à Apples, la diversification dans le médical a été vitale
 
Le 12-11-2019

Spécialisée dans l’usinage de tous types de métaux et de matières synthétiques, la PME est en pleine santé. Elle continue d’investir.

C’est une entreprise comme il en existe beaucoup dans le paysage industriel vaudois: entourée de bois dans la zone industrielle d’Apples, elle est très discrète et son nom, ETSM, ne dit pas grand-chose à grand monde. Et pourtant, cette PME de quelque 46 collaborateurs fournit quantité de pièces de précision pour des machines et des appareils haut de gamme, notamment pour le médical, l’horlogerie ou l’industrie de l’emballage.

Comme nombre de sociétés du secteur de la sous-traitance mécanique, les Établissements Meier (ETSM) ont investi massivement ces vingt dernières années dans leur outil de production afin de rester à la pointe. «Nous réinvestissons dans notre parc de machines chaque année entre 10% et 15% de notre chiffre d’affaires, qui est d’environ 9 millions de francs», indique Philippe Meier, directeur et copropriétaire de cette entreprise familiale.

Dans son usine, une trentaine de machines multi-axes font des opérations de haute précision complexes dans le tournage, décolletage, fraisage et rectifiage. ETSM traite aujourd’hui des aciers inox ou du titane, matières «très robustes et coriaces», mais, depuis une dizaine d’années, elle s’est aussi spécialisée dans l’usinage des composites ou de nouveaux plastiques high-tech (comme le thermoplastique PEEK), utilisés désormais dans près de 30% de ses produits. Ainsi, une machine douze axes peut contenir jusqu’à 60 outils et travaille de façon automatisée jour et nuit, de manière indépendante. Il est vrai que les systèmes d’usinage évoluent très rapidement grâce à de nouveaux procédés, et permettent de façonner une grande variété de produits. «Cette automatisation nous permet de faire des pièces inconcevables il y a vingt ans», observe le directeur.

Les derniers équipements nécessitent également de nouvelles conditions de travail, en particulier des salles de contrôle des mesures des pièces à température constante afin de garantir une précision sans faille. Il s’agit également de séparer certaines machines pour éviter la moindre vibration. Ainsi, Philippe Meier annonce qu’il va construire une nouvelle halle de 300 m2 dans la zone industrielle des Assenges, à Pampigny, afin d’y installer les machines de rectification qui font de la très haute précision. L’investissement dans cette nouvelle unité – pour laquelle une société sera créée sous le nom réactivé de Rectasev – se monte à près de 3 millions de francs. Celle-ci doit commencer son activité courant 2020. «Nous n’allons pas grandir en termes de personnel, relève toutefois le directeur. Mais nous serons de plus en plus pointus grâce à ces machines afin de répondre à nos clients qui nous demandent beaucoup de polyvalence et de réactivité.» Les délais sont devenus beaucoup plus courts – parfois trois ou quatre jours – avec des pénalités au premier jour de retard.

Philippe Meier voyage beaucoup pour visiter les salons spécialisés et les fabricants de machines, afin d’avoir «toujours un peu d’avance dans nos moyens de production. Ce qui rassure nos clients.» En ce qui concerne la conjoncture, dans un semestre attendu comme «plus difficile», il ne se dit «pas serein, mais confiant». Il est vrai que depuis qu’il a repris l’entreprise Roger Meylan SA en 1998, avec son père Georges, passé par Bobst, et sa sœur Martine, responsable des finances et RH, il a déjà franchi des zones de fortes turbulences, notamment la crise financière mondiale de 2008-2009 et le franc fort en 2015. Mais, dès les années 2000, il avait entamé une diversification vitale. Ainsi, l’industrie – principalement Bobst, qu’elle fournit toujours – qui formait la grande majorité de sa clientèle ne représente désormais plus que 30% du chiffre d’affaires. Dans ce secteur, ETSM produit des éléments très spécifiques, notamment pour l’aérospatiale (par exemple des pièces de panneaux solaires Galileo), car l’entreprise est capable d’usiner des pièces d’un diamètre de 0,15 mm jusqu’à 200 mm. Pour l’horlogerie, elle fabrique des composants d’outillages, les marques haut de gamme représentant 20% de sa clientèle. Le médical arrive désormais en tête avec près de la moitié des affaires.

Pièces pour endoscopes

Dans ce domaine, les pièces fabriquées à Apples servent essentiellement à des appareils dentaires ou médicaux, tels que des instruments de traitement des calculs rénaux ou endoscopes. Depuis six ans, l’entreprise produit toute la partie mécanique en matériau synthétique de cet instrument qui permet la visualisation d’opérations chirurgicales dans le corps humain. Il a été développé par une société genevoise, aujourd’hui fondue au sein d’un groupe. ETSM produit actuellement 5000 à 6000 mécanismes par mois de ces endoscopes jetables appréciés des chirurgiens. Elle a obtenu toutes les certifications, en particulier suisse et américaine, qui l’obligent à les produire sur des machines spécifiques elles-mêmes validées. La société fournit divers sous-ensembles de ce type, complètement montés. Mais les pièces à façon qui lui sont commandées sont développées en totalité par le client, la société s’occupant uniquement de les industrialiser.

Philippe Meier a fait son apprentissage de polymécanicien dans les années 80 dans l’entreprise fondée en 1969 à Sévery par Roger Meylan, ancien employé de Tesa qui s’était mis à son compte. À l’âge de la retraite, ce dernier a contacté l’actuel patron des Établissements Meier pour prendre sa succession, celui-ci s’est alors formé en gestion d’entreprise avant de prendre les commandes.

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