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Fournisseur de pièces complexes pour l’hydraulique et l’aérospatial
 
Le 11-03-2019

Les pièces mécaniques usinées dans ses ateliers de Gland équipent des moteurs de fusée, des structures de satellites, des turbomachines hydrauliques, des machines d’emballage de fromages et de chewing-gums ou encore des engins de sports extrêmes: Program SA touche à de multiples secteurs grâce à son savoir-faire dans les technologies de fraisage 5 axes et la programmation informatique de ces machines.

Si ce sous-traitant est inconnu du grand public, sa spécialisation très pointue lui a permis de travailler pour de nombreux clients, qui eux sont bien connus: Andritz Hydro, un des leaders mondiaux dans les équipements électromécaniques pour centrales hydroélectriques, Sapal, fabricant de machines d’emballage, Ferring, Electro Medical Systems, à Nyon (appareils de soins dentaires professionnels), RUAG Aerostructures, Mecaplex et APCO Technologies, dans les domaines aéronautique et spatial, l’Observatoire de Genève, etc. Par le passé, Program s’est fait connaître dans sa branche en fournissant des pièces spéciales pour Alinghi et le «Jetman» Yves Rossy.

Prototypes ou petites séries

«Notre métier, c’est d’usiner et de fabriquer des pièces mécaniques qui sont développées par nos clients, explique Christophe Dumoulin, directeur et unique propriétaire de l’entreprise. Nous ne produisons pas en masse, ce sont généralement des prototypes pour des essais ou de petites séries.» Ainsi l’entreprise fabriquait ces jours des pièces de turbine en bronze, en modèle réduit quinze à vingt fois, avec des pales qui doivent s’ajuster parfaitement afin de rester étanches dans l’eau. L’usinage d’un gros anneau de matière brute doit être ultraprécis, avec des tolérances infimes. Le sous-traitant contrôle cette qualité avec son propre équipement de mesures.

Cette haute précision des pièces est rendue possible par la technologie de fraisage 5 axes que Program SA développe depuis plus de vingt ans grâce à son expertise dans les programmes d’usinage. L’entreprise est née en 1997 au Parc scientifique de l’EPFL, où Christophe Dumoulin a fait sa formation d’ingénieur dans la modélisation des formes de turbines hydrauliques. Il a fondé l’entreprise avec un autre ingénieur du même laboratoire, Blaise Guignard, qui a quitté l’entreprise depuis.

Au départ, ils ont travaillé avec des sous-traitants avant de se rapprocher d’un atelier spécialisé au début des années 2000 et de s’équiper d’un parc de machines et de moyens informatiques très performants. Parmi les premiers produits sortis de leur atelier de Prangins, où ils avaient déménagé, figuraient des implants cardiaques. Dès 2003, Program a pu usiner des pièces pour l’industrie des machines réalisées jusque-là à la lime! La société a aussi fourni des pièces en titane pour le bateau Alinghi, vainqueur de la Coupe de l’America.

Toutefois, pour le directeur, cette technologie de pointe ne serait rien sans la compétence de ses collaborateurs, polymécaniciens pour la plupart qui suivent une formation de quatre ans: «La qualité que nous pouvons atteindre est due aux gens qui travaillent ici. C’est ce qui nous permet encore de vendre la cherté suisse.» En tant que vice-président du Groupement de l’industrie mécanique GIM-CH, il veille d’ailleurs à former des apprentis.

Mais ces investissements dans la technologie comme dans la formation ne le protègent pas contre les coups de massue de la conjoncture et du franc fort. L’épisode de la fin du taux plancher de l’euro face au franc, en janvier 2015, lui reste encore en travers de la gorge. «L’abandon du taux plancher nous a fait très mal, car les secteurs qui avaient été épargnés par la crise financière de 2008, l’hydraulique et l’aéronautique, sont tombés eux aussi suite à cette décision. Après 2008, nous avons dû devenir plus performants tout en diminuant les investissements. Nous avons fait d’énormes efforts en rognant sur nos marges et, juste avant la fin du taux plancher, cela redémarrait fort. Nous étions en surchauffe.»

Hydraulique en tête

L’entreprise comptait alors seize employés. Mais aujourd’hui, quatre ans après le choc du franc fort, Program SA ne compte que huit collaborateurs. «Nous avons récupéré les carnets de commandes et sommes en sous-effectif. En ce début d’année, nous ne faisons presque que de l’hydraulique. Il y a beaucoup de projets des exploitants de centrales, surtout des rénovations. La demande est forte en Chine et en Amérique du Sud.» Dans cette industrie, où la clientèle est fortement tournée vers l’exportation, Christophe Dumoulin reste toutefois très prudent, d’autant que l’été dernier l’entreprise a dû déménager à Gland à cause de la vétusté du bâtiment de Prangins. Une opération non sans effet sur le trésor de guerre de l’entreprise. Ce qui ne l’empêche pas – si certains gros contrats se confirment – de songer désormais à acquérir de nouvelles machines pour faire face à cette forte demande.

Le patron de Program est constamment à la recherche de nouvelles niches pour sa production. Pour l’heure, ses principaux marchés restent l’hydraulique, qui représente 30% à 40% de son chiffre d’affaires – 1,5 à 2 millions selon les années –, et les deux domaines de l’aérospatiale et aéronautique, dont la part est aussi de 30%-40%. L’industrie des machines fait le reste.

À 50 ans, Christophe Dumoulin affirme toujours la même ambition: rester une référence pour l’usinage de pièces complexes. Mais pour ce faire, il estime qu’une structure de 20 employés maximum permet de préserver l’implication de chacun dans la qualité tout en veillant à conserver un visage humain à l’entreprise.

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