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Etampes Kaufmann SA - Un métier rare mais précieux: faiseur d’étampes
 
Le 10-04-2019

Faiseur d’étampes est un métier peu connu, mais essentiel au début de la chaîne de sous-traitance, par exemple pour la fabrication de garde-temps, la connectique ou la production d’appareils médicaux équipés de minicircuits imprimés. Chez Étampes Kaufmann SA, on l’exerce de père en fils depuis quarante-cinq ans, à Corseaux, loin du berceau de la micromécanique de précision. Mais, dans cette production spécialisée de pièces très petites, la société détient une expertise rare qui lui permet de rayonner dans un triangle de clientèle qui s’étend entre Genève et le Jura bernois, en passant par la vallée de Joux, et jusqu’à Sion.

Pièces de grandes séries

«L’étampe est un outil très complexe qui peut effectuer une ou plusieurs opérations de découpe et de pliage, parfois d’emboutissage, sur une bande de métal, explique Yves Kaufmann, directeur de l’entreprise. Elles sont automatiques ou progressives selon le nombre d’opérations à effectuer jusqu’à la pièce finie. Le principal avantage de cette technique – la même qui est utilisée pour frapper la monnaie ou fabriquer des éléments de carrosseries – est de pouvoir produire de grandes séries de pièces à un coût moindre et de qualité constante.»

Un savoir-faire multiple

Le savoir-faire du faiseur d’étampes, dit-il, ne se limite pas à la conception des pièces, mais également au développement du processus de fabrication, l’industrialisation et la réalisation de l’outillage à la demande du client, qu’il s’agisse de séries très importantes ou de prototypes de pièces servant au développement de nouveaux produits ou de montres. À partir du dessin transmis par le client, il faut compter jusqu’à quatre mois de préparation pour faire l’étampe, précise-t-il, soit déterminer les opérations à réaliser, définir les matériaux, concevoir toute la mécanique de l’étampe, dessiner l’outil, le fabriquer, le monter et l’ajuster.

Les grands groupes horlogers ont leur propre département d’étampage, mais pas les fabricants de taille plus modestes. Étampes Kaufmann SA est équipé d’un important parc de machines qui travaillent des bandes d’épaisseur de 0,02 à 1,2 mm de matériaux divers, comme le laiton, l’inox et des alliages type Durnico (un type d’acier très résistant utilisé dans l’horlogerie) ou CuBe (cuivre-béryllium), etc. Mais la société ne traite pas seulement des métaux, elle découpe aussi des matériaux plastiques ou de résine époxy (polymères époxyde) pour les circuits imprimés.

L’entrepreneur de Clarens préfère ne pas citer les marques pour qui il travaille, par crainte d’en oublier, mais dans l’horlogerie beaucoup rechignent à dévoiler leurs sous-traitants pourtant essentiels à leur notoriété de qualité dans le haut de gamme. Pour les montres, on utilise l’étampage pour fabriquer des roues, des ressorts, des tirettes ou des appliques (les chiffres qui indiquent les heures). En revanche, les opérations de trempage, polissage ou anglage sont réalisées par d’autres sous-traitants en aval ou par l’horloger.

La société de la Riviera vaudoise compte 40 à 50 clients dans des secteurs très variés pour lesquels elle produit entre 15 et 20 millions de pièces chaque année. Si l’horlogerie représente aujourd’hui près de 30% du chiffre d’affaires, tout comme les circuits imprimés (pour des appareils auditifs ou des pacemakers), suivi par la connectique, l’entreprise est aussi occupée par d’autres branches industrielles comme l’appareillage de médecine et dentiste, l’aéronautique et l’aérospatiale. «Cette diversité nous permet d’avoir un chiffre d’affaires régulier», observe-t-il.

Futuriste

Mais, comme sous-traitant, la société a d’autres cordes à son arc dans la mécanique et particulièrement dans l’électroérosion à fil. Il s’agit d’une machine qui tient un peu de la science-fiction. Elle sert à découper avec une grande précision une pièce de métal très dur ou d’acier trempé – nécessairement conducteurs – par le moyen d’un fil qui «pulvérise» la matière par impulsions électriques. L’entreprise de Corseaux veut rester à la pointe dans ce type d’équipement et investit régulièrement dans les nouvelles machines d’électroérosion. Des appareils à pas moins de 600 000 francs l’unité.

Si Yves Kaufmann se plaît sur les hauteurs de Vevey, il relève toutefois la difficulté de trouver dans la région des employés spécialisés dans les métiers de micromécanique de précision, en particulier des faiseurs d’étampes, un travail «très particulier, minutieux, qui exige beaucoup de doigté». Il faut dire qu’on n’en a plus formé pendant longtemps. Lui-même a forgé son expérience dans des entreprises horlogères à la vallée de Joux avant de rejoindre son père, Pierre, en 1998. Originaire de Leysin et employé comme faiseur d’étampes près de Bienne, celui-ci avait décidé de fonder sa propre société sur les rives du Léman en 1974, en pleine crise horlogère. Il avait trouvé un gros client et un débouché dans son canton d’origine. La transmission de l’entreprise de père en fils s’est faite il y a une dizaine d’années.

La société occupe en ce moment quatre personnes avec le patron et sa femme, Céline, responsable des questions administratives et du secrétariat. Tous deux apprécient cette organisation. «On aime notre entreprise familiale, elle est petite mais très réactive.» Ils voient l’avenir de façon sereine, l’entreprise étant «très saine», diversifiée et bien connue dans ses marchés. «L’étampage est un métier qui va perdurer, car il est utile à de nombreux secteurs. Il y a une concurrence étrangère, mais c’est un domaine très spécialisé, où la réalisation demande précision et savoir-faire.»

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