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«La technologie se doit d’être au service de la société»
 
Le 16-02-2019

Les Digital Design Days se sont conclus mercredi à Genève. L’évènement international a également accueilli des acteurs suisses. C’est le cas l’EPFL+ECAL Lab, qui figure parmi les leaders mondiaux sur la manière de passer de l'innovation à l’utilisation d’un produit.

Créatifs, designers, graphistes, développeurs, ou encore penseurs, les plus grands du design et de la culture «post-numérique» se sont retrouvés pour la première fois à Genève à l'occasion des Digital Design Days 2019.

Alors que les précédentes éditions se déroulaient à Milan, cette fois, les DDD ont pris place ainsi dans les locaux de la Haute École d'art et de design de Genève (HEAD).

Environ 1000 personnes se sont réunies pour écouter et espérer rencontrer les personnalités telles que Rupert Breheny, développeur RV chez Google, Mauro Porcini, chief design officer chez Pepsico ou Erik Klimczak, senior design leader chez Uber. Des professionnels qui forgent les contenus et interfaces que nous consommons au quotidien.

«L’innovation a été polluée par des coups marketing éphémères»

Dans cette myriade d’experts du numérique, des acteurs suisses étaient également de la partie. C’est le cas de l’EPFL+ECAL Lab, et de son directeur Nicolas Henchoz. Entité de l’EPFL hébergée au sein de l’Ecal, à Renens, cet institut regroupe une vingtaine de professionnels, dont l’objectif est d’étudier les nouvelles technologies et de comprendre leur impact sur les utilisateurs. Celles-ci se bousculent, épatent. Mais comment peuvent-elles réellement améliorer notre quotidien? Depuis plus de dix ans, l’EPFL+ECAL Lab a la volonté d’apporter une nouvelle définition de la recherche et de l’innovation en design. Une approche qui conjugue créativité artistique, mais aussi connaissance scientifique et capacité à déterminer l’impact sur l’utilisateur.

«L’innovation a été polluée par des coups marketing éphémères. Si ces tours de magie séduisent et impressionnent la première fois, ils lassent rapidement et ne sont pas adoptés. Le défi actuel est de créer du sens avec de l’émotion et de s’inscrire dans un contexte social. Les innovations offrent alors une perspective sur le long terme. Cela est bénéfique aux entreprises, qui ont le temps d’avoir un vrai retour sur investissement, mais également aux utilisateurs qui ne veulent pas être déstabilisés tous les six mois.»

En dix ans, les travaux de l’EPFL+ECAL Lab ont fait l’objet de publications, mais surtout d’une trentaine d’expositions dans des lieux prestigieux, de l’Université de Harvard, au Royal College of Art de Londres et l’American Institute of Architecture.

«Notre mission initiale, qui était de transformer les performances de laboratoire en expériences convaincantes pour un large public, s’est confirmée au fil des années, tendant ainsi vers une vocation plus expérimentale, commente Nicolas Henchoz, ingénieur et directeur de l'EPFL+ECAL Lab. Aujourd’hui, nous répondons aux défis que suscitent les nouvelles technologies par rapport à la société. Depuis trois ans, nous intégrons également la dimension psychologique dans nos études, afin de mesurer l’impact émotionnel d’une innovation.»

Dans cette logique, l’innovation technologique va-t-elle forcément de pair avec le design? «Tout dépend de ce qu’on appelle «design», souligne Nicolas Henchoz. Il existe le design scientifique qui prône la perception de l’utilisateur, lui faisant gagner du temps et de l’efficacité. Et d’un autre côté, il y a le design esthétique beaucoup plus pratiqué. Le design est essentiel lorsqu’on veut toucher un large public, car il inclut la compréhension des usages et des expressions, facteur essentiel à une innovation durable. Nous adoptons cette vision plus large chez l’EPFL+ECAL Lab.»

Multiples projets à venir

Preuve de ce travail de fond, l’institut a développé un projet qui met en exergue l’approche du numérique pour les seniors. Baptisé «réseaux solidaires», en collaboration avec Pro Senectute, le projet vise à renforcer le lien social parmi les aînés dans une commune ou dans un quartier. «Ce travail renverse l’approche du réseau social: le numérique devient un outil au service du lien entre personnes réelles. Il redéfinit le design d’interface, capable de réunir différentes générations, et la notion de simplicité.»

En 2017, EPFL+ECAL Lab soufflait ses dix premières bougies. Avec une approche nouvelle de l’innovation par le design qui a désormais fait ses preuves, la deuxième décennie de l’institut s’annonce des plus attendues «Entre projets européens, partenariats avec de grands musées, collaborations industrielles et académiques, services pour les aînés, les résultats influenceront fondamentalement notre usage et notre perception des technologies émergentes.»

Matteo Ianni

AGEFI

 



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