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Nexans restructure: nouveau coup dur pour Neuchâtel
 
Le 25-01-2019

Le fabricant français de câbles Nexans devrait supprimer un quart des effectifs sur son site de Cortaillod, soit près de 100 emplois. Jean-Nat Karakash, le conseiller neuchâtelois chargé de l’Economie, dit que le canton avait été averti

Un de plus. Le fabricant français de câbles Nexans a annoncé jeudi un plan de restructuration européen qui affectera aussi la région neuchâteloise. Cent emplois, soit près d’un quart des effectifs, devraient être supprimés sur le site de Cortaillod, où sont produits des câbles aussi bien à fibre optique qu’à très haute tension.

Les annonces de ce genre s’enchaînent dans le canton. Medtronic a fermé, fin 2018, son site de production occupant 150 personnes. Le géant américain du logiciel Autodesk a transféré, en août 2018, son siège européen à Dublin, ne préservant qu’une dizaine d’emplois sur 232. Le rachat en début d’année du groupe pharmaceutique Celgene par le groupe américain BMS (Bristol-Myers Squibb) crée beaucoup d’incertitudes quant au sort de ses 700 employés. Le canton s’interroge aussi sur le rachat en janvier de Shire, dans les hauts de Neuchâtel, par Takeda, qui regroupe 600 collaborateurs.

Le canton de Neuchâtel perdrait-il de son attractivité? «Je ne vois pas de lien automatique entre toutes ces annonces. Le canton présente une fiscalité des entreprises parmi les plus attractive de Suisse. Les conditions-cadres sont bonnes. Il n’y a pas de déficit de main-d’œuvre, note Florian Németi, directeur de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI). La logique de réorganisation de ces groupes dépasse les conditions locales. S’il y avait une perte d’attractivité, on verrait des entreprises endogènes s’installer dans des cantons voisins, ce qui n’est pas le cas.»

Forte concurrence

Le conseiller d’Etat neuchâtelois chargé de l’Economie, Jean-Nat Karakash, évoque des contacts très réguliers avec Nexans. «Les informations communiquées par la multinationale avaient été partagées préalablement avec le canton.» Il ne voit aucune perte d’attractivité du canton mais rappelle que la Suisse doit soigner ses relations avec l’Union européenne et travailler sur la réforme de sa fiscalité.

Florian Németi s’interroge également sur un problème de compétitivité nationale dans certaines activités, comme celle de l’industrie du câble. Celle-ci vit en effet une période difficile. Mardi dernier, Brugg Cables en Argovie a aussi annoncé la suppression de 120 postes de travail.

«La restructuration de Nexans va bien au-delà de la Suisse ou de Neuchâtel. Les raisons sont d’ordre macroéconomiques, note un porte-parole de Nexans. Depuis dix ans, nous assistons à une décroissance en volume. Le coût de production des câbles augmente en raison de la hausse des prix des matières premières, à savoir celui du cuivre, de l’aluminium mais aussi du plastique. Parallèlement, nos prix de vente diminuent face à un accroissement marqué de la concurrence. Nous avons émis deux avertissements sur nos bénéfices en 2018. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés.»

Cours de l’action en hausse

Les spécialistes plaçaient pourtant de bons espoirs en Christopher Guérin, nommé directeur général du groupe en juillet 2018. Le patron français déclarait alors: «Je connais Nexans. Je connais ses forces, ses clients et ses marchés de demain. Et c’est pour ces raisons principales que j’ai confiance dans notre capacité à développer les performances de Nexans et à orienter les équipes vers un futur profitable.»

Aujourd’hui, le «futur profitable» semble donc pousser le fabricant, fort de 26 000 collaborateurs dans le monde, dont 9400 en Europe, à annoncer un plan de restructuration qui «pourrait entraîner la suppression de 939 postes et la création de 296 postes» en Europe. «Les principales conséquences sociales concerneraient l’Allemagne, la France, la Suisse et dans une moindre mesure la Belgique, la Norvège et l’Italie», a indiqué l’entreprise dans un communiqué. Sur le marché boursier, le titre prenait, en fin d’après-midi, près de 2,5% à la bourse de Paris.

Ghislaine Bloch
LE TEMPS

 



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