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Le drone lausannois Elios règne sur les cieux industriels
 
Le 23-01-2019

Le robot d’inspection en terrain difficile conçu par Flyability vole sur tous les continents. A terme, il deviendra de plus en plus autonome, jusqu’à se passer d’un pilote.

En moins de cinq ans, le drone anticollision Elios a conquis le monde: Afrique du Sud, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, Japon,... Il vole sur tous les continents et il a même accompagné une équipe de scientifiques lors de leur mission au Groenland, il y a deux mois. «C’est le point le plus au nord où l’un de nos drones a volé», précise Patrick Thévoz, CEO et cofondateur de la scale-up lausannoise Flyability.

Ce modèle est protégé par une cage en carbone qui lui permet de résister aux éventuelles collisions. Il pèse 750 grammes et est doté d’une caméra visuelle et d’une caméra thermique. Accessoires et formations compris, il coûte 25.000 francs à sa clientèle industrielle. «Notre plus grand marché est nord-américain. Ensuite viennent les grands pays industrialisés d’Europe», commente le directeur.

Les tâches de ce robot volant varient: de l’inspection de mines au contrôle de centrales nucléaires, à la surveillance de sites chimiques, jusqu’au soutien aux forces de police et pompiers. «Les endroits où nous sommes les plus fiers de le faire voler sont ceux où les dangers pour les humains sont extrêmes. Permettre au personnel de notre clientèle de rester en sécurité, c’est ça qui tire notre équipe en avant. Les meilleurs exemples sont les vols au sein de centrales nucléaires – en cas d’incident avec risque de radiation, notamment – ou encore les inspections d’endroits peu accessibles, qui exigent de monter sur des échafaudages ou de se glisser dans des espaces confinés.»

Depuis les prémices de l’aventure en 2014, Flyability a livré entre 500 et 1000 exemplaires de son appareil, à environ 300 clients. La moitié a été vendue directement par la jeune entreprise et l’autre moitié a été commercialisée par des revendeurs. «Depuis un an, nous avons mis en place un réseau de partenaires: une trentaine au total. Ils nous aident à nous implanter sur certains marchés puisqu’ils en connaissent les us et coutumes. Ils sont nos antennes locales au niveau logistique, réparation et formation.»

Un cocon devenu trop petit

Abritant une équipe de 75 collaborateurs, les bureaux de l’avenue de Sévelin, à Lausanne, sont trop étroits pour la PME. «Nous déménagerons dans un mois, mais nous resterons à proximité de Lausanne», indique Patrick Thévoz. Tous les drones sont assemblés au sein des locaux de l’entreprise. Ils y sont surtout testés car la fiabilité est essentielle pour un robot volant. «Il ne peut en effet pas tomber du ciel et se casser.»

Selon le CEO, Elios est le seul drone capable d’évoluer de manière fiable dans des espaces confinés. Pionnier absolu dans ce domaine, Flyability fait aujourd’hui des émules. «Nous avons inspiré beaucoup d’autres acteurs, cependant nous n’avons pas encore de réel compétiteur. Envoyer des robots à la place d’humains pour grimper, escalader ou ramper deviendra courant à l’avenir. Mais ce segment de marché est encore naissant. D’autres acteurs nous rejoindront, toutefois nous pourrons nous appuyer sur notre clientèle et notre expérience pour faire la différence.»

Flyability se penche sur un robot encore plus autonome
En novembre 2018, la firme vaudoise a bouclé une levée de fonds de 10 millions de francs. Cette somme sera, entre autres, allouée au volet recherche et développement. «Ce tour de table nous permet d’accélérer la cadence au point de vue technique et commercial. Tout en sachant que nous vivons déjà essentiellement de nos ventes. Nous avons ainsi été en forte croissance en 2018.»

L’orientation des recherches se concentrera sur une plus grande automatisation des vols. «A moyen terme, Elios pourra être opéré par des pilotes de moins en moins expérimentés, voire par des collaborateurs lambda.» Un engin indépendant, d’une simplicité enfantine, qui circulera en toute liberté comme un robot aspirateur Roomba? «Dans les prochaines années, c’est vers cela que nous tendrons», commente-t-il.

Une initiative révolutionnaire en déploiement souterrain

L’autre dossier sur la table de l’entreprise: un défi de l’Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA) des États-Unis, en matière d’autonomisation des drones dans des environnements souterrains. En octobre dernier, Flyability a rejoint le groupe de travail international CEBERUS, mené par l’université du Nevada et composé d’acteurs tels que l’ETH de Zurich ou l’université de Berkeley. Le projet DARPA SubT Challenge vise à développer des technologies innovantes susceptibles d’aider aux opérations souterraines. Le CEO conclut: «Ce financement américain prestigieux prouve l’attrait mondial pour la problématique des vols en sous-sol, dans les tunnels et galeries. Notre participation à ce projet souligne que nous sommes à la pointe de la recherche dans ce domaine.»

Sophie Marenne
AGEFI

 



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