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De moins en moins de jeunes sont prêts à reprendre les affaires familiales
 
Le 18-01-2019

Plus de 15.000 entreprises sont à la recherche d’un repreneur en Suisse.

«Aujourd’hui, un directeur de PME sur deux est âgé entre 50 et 65 ans. Un bon nombre d’entre eux prévoient de prendre une retraite partielle ou anticipée», déclare Alain Richard, directeur de Fiduconsult à Bulle. Son entreprise ressent ce changement générationnel de manière importante. Le nombre de ses clients désireux de vendre leur affaire est en progression, ces dernières années. Et le phénomène n’est pas près de s’arrêter. D’ici 2021, 70.000 sociétés, représentant 400.000 places de travail, seront à la recherche d’un successeur. «Un tiers d’entre elles disparaîtront, faute de repreneur. Les petites entreprises, soit celles qui ont moins de dix employés, sont également les plus exposées», explique Alain Richard.

De manière générale, la tendance est à la concentration de sociétés. «Les grandes entreprises peuvent être compétitives, en ayant des coûts bas et les micro-structures se profiler dans un marché de niche», précise le directeur. Les firmes actives dans l’artisanat ont davantage de difficultés à pérenniser leurs affaires.

Au changement de génération s’ajoute la problématique du financement de la reprise. «Cela implique une prise de risque et surtout d’avoir les fonds propres nécessaires», ajoute Alain Richard. La capacité d’endettement est, par ailleurs, fortement liée à la branche économique et au cycle de vie de l’entreprise. Il y a aussi de moins en moins de jeunes qui souhaitent reprendre l’entreprise familiale.

Fort attachement des patrons

Pour six entrepreneurs sur dix, la première préoccupation est la pérennité de l’entreprise. Viennent ensuite des soucis liés au prix, à la structuration de la vente et à la fiscalité. Enfin, il n’est pas toujours évident pour un patron de remettre «sa créature» à un tiers.

Alain Richard conseille aux vendeurs de s’y prendre plusieurs années à l’avance. En cas de restructuration, il peut y avoir des délais de blocage. Un indépendant peut aussi transformer son affaire en SA et vendre ensuite ses actions, qui sont exonérées d’impôts. Mais pour cela, il faut attendre au moins cinq ans. Le spécialiste de la fiscalité explique qu’il faut s’entourer aussi de professionnels. «Mais attention à ne pas avoir trop de conseillers non plus».

D’un point de vue fiscal, il convient de distinguer les types de transactions. «Potentiellement, tous les types d’impôts peuvent être impactés: donation, succession, revenu, fortune, bénéfice, capital, droits de mutation, impôts anticipés, droit de timbre et TVA».

Une transition en douceur

Du côté du vendeur, il vaut parfois mieux un prix inférieur réglé immédiatement qu’une facture plus élevée et échelonnée que l’acheteur n’arrivera pas à honorer. Et côté acheteur, il convient de s’intéresser à la structure d’acquisition. «Plusieurs solutions peuvent être étudiées, comme par exemple la création d’une holding».

Un dernier conseil? «Il faudrait éviter de vendre une société qui a thésaurisé des actifs qui ne sont plus nécessaires à l’exploitation. Il existe plusieurs moyens pour les transférer préalablement à moindre coût dans le patrimoine privé».

Sur le terrain, le changement de propriétaire peut s’effectuer dans la douleur. «Chez nous, la transition s’est réalisée relativement sereinement», souligne Sébastien Jaquier, administrateur de JNJ automation. Le jeune patron s’est formé à la direction d’entreprise sur le tas, tout comme ses deux associés, Joël Jaquier et Jérôme Nicolet. «Au moment de la reprise il y a dix ans, il n’y a toutefois pas eu de flou. La stratégie était élaborée, même si nous nous sommes posés beaucoup de questions d’ordre organisationnel». La société comptait alors 18 employés, contre 75 aujourd’hui.

Présent à Romont depuis 2014, le spécialiste des machines pour l’industrie alimentaire prévoit de s’agrandir. Ses nouveaux locaux devraient être opérationnels au printemps 2020. Coût de l’opération: 4,5 millions de francs. La firme désire aussi davantage s’orienter vers l’installation d’équipements pour les laiteries. Elle prévoit d’engager cinq à dix collaborateurs supplémentaires, d’ici trois ans.

Maude Bonvin
AGEFI

 



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