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Les start-up s’inquiètent de l’arrivée de Guy Parmelin
 
Le 14-12-2018

Agraire, isolationniste et monolingue, le nouveau chef de l’Economie agite les réseaux d’entrepreneurs. Certains y voient pourtant un choix stratégique qui permettrait de pacifier le front agricole pour se consacrer à l’innovation

Les plus optimistes se disent qu’il «n’a pas fait tant de mal à la Défense». Ou qu’il s’est même risqué à lancer la première cyberformation pour les recrues. Tous s’accordent sur le côté «grand bosseur» de Guy Parmelin.

Mais les réseaux numériques suisses se déclarent quasiment tous inquiets de l’arrivée de l’UDC vaudois à la tête du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR), le 1er janvier prochain. Que ce soit au vu de sa famille politique ou du manque de maîtrise de l’anglais dont il a fait preuve, la langue officielle de l’innovation.

Le directeur d’Abionic, Nicolas Durand, qui avait prêté cet automne son image à la campagne pour le non à l’initiative contre les «juges étrangers», évoque d’emblée le caractère «peu usuel» d’avoir un UDC qui «n’a pas le profil» à la tête de l’Economie. Il faut en effet remonter au début des années 1960 pour tomber sur l’un de ses représentants, Friedrich Traugott Wahlen, qui n’avait tenu qu’un an. L’UDC s’appelait alors Parti des paysans, artisans et bourgeois.

En finir avec les luttes paysannes

Nicolas Durand précise ne pas s’être engagé contre le parti agrarien mais contre sa dernière initiative. Estimant qu’il faut «laisser sa chance» à Guy Parmelin, il espère que l’arrivée de cet ancien viticulteur au DEFR permettra de pacifier le front agricole. «Johann Schneider-Ammann a été très absorbé par ses luttes avec les paysans. J’espère que son successeur pourra avancer et se consacrer un peu plus à l’innovation. Même si, dans ce domaine, j’ai quelques doutes sur ses motivations à empoigner les dossiers les plus urgents», admet-il.

En ligne de mire: une meilleure fiscalité pour les start-up ou ce fonds de fonds de 500 millions de francs, annoncé en juillet 2017 en interview dans la NZZ par Johann Schneider-Ammann puis relégué dans un tiroir. L’Etat se limitant à un rôle de parrainage. Finalement, «Guy Parmelin pourrait bien en faire plus que son prédécesseur PLR qui, pourtant, avait davantage le profil de l’emploi», espère Nicolas Durand.

Manifeste pro-start-up

L’association Le Réseau, qui regroupe des start-up romandes, saisit l’opportunité de cette redistribution des dicastères fédéraux pour relancer son manifeste. Ce dernier milite pour la création d’une politique économique en faveur des start-up. Notamment à travers des déductions fiscales pour les investissements privés, la possibilité de déduire les pertes opérationnelles de son bilan sur les sept exercices précédents ou la création d’un «visa» pour startupers étrangers.

Coauteur du manifeste, Fathi Derder revendique une centaine de signatures de soutien à son texte, dont la moitié à la suite de la répartition des portefeuilles fédéraux. Le PLR vaudois espère bien voir Berne s’investir financièrement à hauteur de plusieurs millions dans ce fonds de capital-risque de façon à rallier les investisseurs. «Pour la Confédération, la start-up est une catégorie d’entreprise qui n’existe pas. C’est un déni de réalité qui induit une impuissance politique», critique celui qui est aussi blogueur au Temps.

Du côté de Digitalswitzerland, on se réjouit pourtant de la venue d’un conseiller fédéral au «bon sens terrien» qui aiderait à embarquer tout le monde à bord de la transition numérique. C’est en tout cas le message de son directeur romand, Sébastien Kulling, qui continue à pousser pour la création d’un secrétariat d’Etat qui coordonnerait les affaires numériques entre les trois ou quatre départements «concernés».

Porte-parole de Guy Parmelin, Urs Widmer se dit surpris par les critiques visant l’UDC, au vu de son bilan en matière de cybersécurité et des discussions bilatérales qu’il mène «presque toutes en anglais».

Adrià Budry Carbó
LE TEMPS

 



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