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Bobst et Kudelski n’ont pas échappé à la chute boursière 2018
 
Le 14-12-2018

Le nombre de sociétés qui ont vu leur valeur boursière plonger de plus de 40% cette année est significatif sur SIX Swiss Exchange.

L’explication d’une forte baisse du cours boursier d’une entreprise est souvent la spéculation ou l’excès d’optimisme qui l’a précédée. On en voit divers exemples en 2018 sur le marché suisse des actions. Avec des reculs de 40% ou davantage. Une telle correction est susceptible d’attirer l’attention d’investisseurs qui vont à contre-courant, ceux qu’on appelle des «contrarian investor».

Toutefois, chaque cas est différent et il peut y avoir de bonnes raisons pour lesquelles une société a vu le cours de l’action s’effondrer. Certaines entreprises sont confrontées à un problème structurel comme c’est le cas par exemple pour MCH Group, le réseau de live marketing (une chute de 70% de l’action).

Les tendances à la baisse peuvent également être accentuées par les hedge funds. Ceux-ci introduisent des excès terribles en vendant à découvert, sans disposer des titres, comme on l’a vu dans des situations telles qu'Arzyta ou Kudelski Group (une baisse proche de 50%) par exemple. Ce faisant, de tels fonds spéculent à la baisse. Au lieu de rendre le marché efficient, ils le rendent souvent inefficient. Ils dénouent leurs positions en rachetant les titres à prix cassé.

Ils ont littéralement massacré l’action Aryzta (une baisse de plus de 80% du cours de l’action) en 2018 en contraignant à une augmentation de capital avec une dilution record. Au prix actuel, Aryzta est redevenu probablement une opportunité d’achat.

L’écroulement de GAM et AMS

Il peut y avoir de bonnes raisons de spéculer à la baisse : problème passager de solvabilité, endettement trop élevé, passe difficile au plan de la rentabilité, mauvaise valorisation par le marché, erreur du management et communication insuffisante de la part de celui-ci. GAM Holding (près de 80% de baisse) en est un exemple manifeste. Comme Aryzta ou Meyer Burger.

AMS est sans doute la prochaine société qui devra augmenter son capital du fait d’un endettement élevé et d’une détérioration de sa rentabilité dans des marchés très volatils. Les hedge funds visent des entreprises dont le bilan paraît fragile, notamment avec un ratio endettement net/EBITDA (résultat brut d’exploitation) qui est haut.

D’autres entreprises, sans être livrées à la vente à découvert contrairement à plusieurs cas susmentionnés (du moins pas dans les mêmes proportions), ont fortement souffert cette année : Bobst Group (un peu plus de 40% de baisse), Meier Tobler Group (près de 60%), Rieter Holding (-45%), Ascom Holding (plus de 40%), Hochdorf (plus de 60%) ou U-blox Holding (plus de 50%).

Airopack Technology Group, qui ne gagne pas encore d’argent, a connu une véritable descente aux enfers cette année avec une chute de 80% de l’action. Le nombre d’actions émises a constamment augmenté depuis 2013. Ses dettes financières avoisinaient 160 millions d’euros à fin juin 2018, cependant que ses fonds propres étaient négatifs de 46,7 millions d’euros à cause des pertes reportées. Les liquidités et actifs financiers dépassaient à peine 12 millions d’euros.

Bobst, qui est valorisé à un peu plus de 1,2 milliard de francs mérite que l’on analyse de plus près cette entreprise. Bobst a atteint un retour sur capitaux employés (ROCE) de 23,2% en 2017 (19,9% en 2016 et 16,0% 2015). Son cash-flow libre a avoisiné 100 millions de francs en 2017, mais il sera doute plus petit en 2018.

Le fournisseur mondial d’équipements et services destinés aux fabricants d’emballages et d’étiquettes poursuit sa transformation et ses investissements pour l’avenir. Bobst, qui prévoit un bénéfice opérationnel (EBIT) supérieur à 90 millions de francs en 2018, reste solidement financé.

U-Blox également
U-Blox constitue également un cas intéressant à examiner. Le leader international des solutions (semi-conducteurs et modules) dans les domaines du cellulaire et du GNSS pour les applications automobiles, industrielles et grand-public, a dû réviser vers le bas ses prévisions pour 2018 concernant l’EBIT (entre 47 à 52 millions de francs) et l’EBITDA (entre 70 et 75 millions de francs) pour un chiffre d’affaires entre 400 et 410 millions. L’action s’est encore effritée depuis l’investor day (journée des investisseurs) qui a eu lieu le 21 novembre dernier).

Philippe Rey
AGEFI

 



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