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La Suisse peine à faire émerger des licornes
 
Le 11-12-2018

Un volume record de 31 nouvelles licornes, principalement chinoises et américaines, a été enregistré au troisième trimestre 2018 par CB Insights. La Suisse reste à la traîne.

Alors que l’expression licorne a soufflé sa cinquième bougie, le nombre de naissance de ces start-up non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars a doublé entre 2015 et 2018.

En janvier 2014, le Billion Dollar Startup Club ne comptait que 54 membres. En 2017, il s’étoffait à 154 membres. Désormais, selon le cabinet CB Insights, 292 entreprises possèdent le statut de licorne dans le monde, pour une valorisation cumulée de 995 milliards de dollars.

Un volume record de 31 nouvelles licornes a été enregistré au troisième trimestre 2018.

Cette croissance est portée par les Etats-Unis et la Chine, qui comptabilisent respectivement 125 et 77 licornes à ce jour.

En tête du classement des licornes les mieux valorisées établi par CB Insights, on retrouve la plateforme d’actualité en ligne chinoise Bytedance, valorisée à 75 milliards de dollars. Elle s’impose devant l’américain Uber et le chinois Didi Chuxing, valorisés respectivement à 72 milliards et 56 milliards de dollars.

L’Europe est à la peine, avec seulement une trentaine de start-up listées. Quant à la Suisse, elle ne compte que deux licornes dans le classement CB Insights, et elles ne sont pas en très bonne posture. Le spécialiste des services fintech Avaloq Group, (considéré comme une start-up dans sa définition élargie) se positionne à la 184e place. Elle a gagné sa place dans le club des sociétés privées valorisées à plus d’un milliard de dollars en printemps 2017, après que le spécialiste du private equity Warburg Pincus ait acquis 35% des parts de cette dernière.

Spin-off de l’EPFL, la spécialiste de neurotechnologies MindMaze a obtenu son statut de licorne en février 2016 en vendant un tiers de ses actions au géant indien Hinduja, pariant sur le fait qu’une entité tierce sera prête à racheter cette dernière pour plusieurs milliards de francs par la suite. Actuellement à la 215e place des licornes les mieux valorisées au monde, la start-up née il y a six ans au bord du Léman, qui aide les personne ayant subi un accident vasculaire cérébral à récupérer leurs fonctions motrices plus rapidement, est la preuve vivante que l’écosystème d’innovation romande fonctionne et que la Suisse est capable de créer une licorne.

Alors quelles sont les barrières s’opposant à la création de licornes en Suisse?

Pas de culture du risque

Pour Anne Tschanz Vakula, Directrice Sergan Management, c’est d’abord une question de culture.

Rares sont les Suisses à croire qu’il soit possible qu’une start-up née et grandie en Suisse puisse devenir une licorne. Un tel miracle serait réservé aux surdoués de Standford ou du MIT. «La Suisse n’a pas la culture du risque dans ses gènes et l’échec y est mal vu. Aux Etats-Unis, on crée plus facilement son entreprise, notamment via des filiales universitaires tournées vers l’entrepreneuriat, et échouer fait partie du processus, car on en tire toujours du positif.»

Pourtant, la Suisse peut se prévaloir de décennies d’économie forte et stable avec des entreprises prospères devenues de grandes institutions. Elle reste le leader mondial en matière de brevets et d’innovation. Le pays accumule les retards sur la scène de la start-up suisse, notamment dans la transformation de la science en modèle économique. Les licornes en paient le prix.

«D’autres sites et pays soutiennent les start-up et l’esprit d’entreprise de manière beaucoup plus forte et audacieuse. La mise à l’échelle et la monétisation de l’innovation se produisent encore dans une large mesure en dehors de la Suisse et même en dehors de l’Europe», souligne Christina Kehl, directrice générale de l’association des start-up financières suisses (SFS). Il serait donc temps de créer l’écosystème nécessaire pour les futures licornes. Leur assurer un financement en fait partie.

Valorisation très difficile

Avec l’impôt sur la fortune que l’on connait en Suisse, l’investisseur peut se voir contraint d’utiliser une partie considérable de son revenu pour honorer ce dernier. Selon Anne Tschanz Vakula, «payer un impôt sur la partie de la fortune qui a été investie et qui pourrait totalement partir en fumée, n’est pas juste, et encore moins incitatif! Etant donné que la valorisation d’une société innovante non cotée, qui ne génère pas de bénéfice est très difficile. Si elle fait faillite, l’investisseur aura perdu son capital, n’aura perçu aucun dividende durant la durée de détention des actions..mais aura payé les impôts!» La directrice propose donc de supprimer l’impôt sur la fortune pour les investissements effectués dans des start-up et de procéder à un nouveau calcul, lorsqu’il y aura eu gain sur le capital.

Le Top 10 des licornes les mieux valorisées

La licorne la mieux valorisée au monde est chinoise, selon le classement établi par CB Insight. Valorisée à 75 milliards de dollars, la plateforme d’actualité en ligne chinoise Bytedance s’impose devant deux géants des virtual training company (VTS): l’américain Uber et le chinois Didi Chuxing, valorisés respectivement à 72 milliards et 56 milliards de dollars. Si son nom est encore inconnu du grand public en Europe, de nombreux chinois utilisent son application Toutiao. Dérivé du chinois «les titres du jour», l’application propose un fil personnalisé de recommandations de contenu, dont plus de 50 % de vidéo. Tandis qu’en Europe, l’application Tik Tok, proposant d’enregistrer des vidéos courtes en karaoké, est très prisée par les adolescents. Suivent les célèbres licornes, Airbnb, Space X, Palantir, WeWork et Stripe. A la dixième place, on note l’entrée de la start-up californienne Juul, qui détient 72% des parts de marché de la cigarette électronique outre-atlantique. Actuellement valorisée à 15 milliards de dollars, la licorne vient tout juste de s’introduire sur le marché suisse.

Marine Humbert
AGEFI

 



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