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La plateforme Lendico veut faciliter le crowdlending pour PME
 
Le 11-12-2018

La rapidité est le principal atout par rapport à la démarche conventionnelle pour obtenir un crédit. Le profil rendement-risque pour les investisseurs est intéressant.

Le portail de crédits pour entreprises Lendico opère désormais aussi en Suisse romande conformément à sa stratégie commerciale fixée dès le départ. Il est détenu à 100% par Postfinance depuis décembre 2017, après avoir assuré l’entrée en Suisse de la plateforme d’origine berlinoise par le biais d’une co-entreprise créée en juillet 2016.

Le lancement du site en Suisse romande ne se limite pas à la traduction du site en français. «Cela n’est pas suffisant, il faut avoir une équipe qui sait communiquer en français avec les clients, notamment du côté de la vente/service client, ainsi que des analystes crédit. Notre travail en Suisse romande s’appuie également sur des partenariats avec des fiduciaires, des conseillers en financement qui connaissent leurs clients et qui peuvent leur proposer Lendico en tant que solution de financement», souligne la directrice de Lendico Suisse Myriam Reinle.

L’une des différences intéressantes entre le portail allemand et suisse tient en partie à la limitation du champ d’activité de Postfinance voulue par le législateur. Elle est toujours en vigueur, malgré l’intention du Conseil fédéral de l’assouplir. Cette limitation stipule que Postfinance n’a pas le droit d’octroyer des crédits, ni des hypothèques. Une interpellation du conseiller national valaisan Mathias Reinard (PS) avait d’ailleurs demandé en septembre 2016 déjà si l’engagement dans Lendico avec une part alors minoritaire était compatible avec cette interdiction. Le Conseil fédéral avait alors précisé que «les créances n’apparaissent ni dans la comptabilité de Lendico Schweiz AG, ni de ce fait dans celle de Postfinance. Ces entreprises ne perçoivent pas non plus d’intérêts, mais gagnent de l’argent sur les commissions versées pour les courtages». Il aurait pu y ajouter, comme la directrice de Lendico Suisse l’a précisé, que cette entreprise fait simplement partie du portefeuille d’investissement en start-up de Postfinance, dont la marque apporte de la crédibilité, et qui renvoie sur son site vers Lendico en tant que produit partenaire pour les crédits aux PME.

Le modèle d'affaires de Lendico Suisse inclut l'investissement

Aujourd’hui, le modèle d’affaires de Lendico est plus intéressant en Suisse qu’en Allemagne , où Lendico s’est toujours appuyé sur une stratégie axée sur les investisseurs institutionnels et est devenu une marque du groupe bancaire néerlandais ING pour permettre à des PME d’obtenir rapidement des crédits en ligne. Lendico Suisse fait également appel à des investisseurs institutionnels. En première ligne Cembra Money Bank, partenaire principal de Lendico depuis fin mars de cette année, qui peut ainsi mettre un pied dans le marché des PME.

Mais Lendico Suisse offre aussi plusieurs possibilités à des investisseurs qui ne peuvent habituellement pas s’engager dans le domaine du crédit aux entreprises. Le principe de base est simple: Lendico classe le risque débiteur en cinq catégories, d’A à E (la plus risquée). Le rendement annuel (hors commission Lendico de 1% sur les remboursements reçus) visé va ainsi de 1,5% jusqu’à 7,9%. En fonction des défauts de paiement éventuels, le rendement peut être supérieur ou inférieur au pourcentage visé, Lendico ne fournissant dès lors aucune garantie.

Traitement rapide du dossier soumis en ligne

Du côté du preneur de crédit, Lendico peut se distinguer par la rapidité de traitement du dossier. L’entreprise peut établir une première demande pour un crédit allant de 10.000 – 500.000 francs en 10 minutes maximum. Elle sera ensuite contactée dans les 24 heures, et devra notamment fournir des documents tels que des comptes annuels des trois derniers exercices, ainsi que des résultats plus récents que trois mois. En 48 heures seulement après réception de ces documents, l’entreprise devrait obtenir une proposition de financement. Cependant, comme pour les prêts bancaires, Lendico peut demander l’appui par le biais d’un cautionnement.

Examen de solvabilité obligatoire

Comme les autres plateformes de crowdlending, Lendico procède à des examens de solvabilité. Peut-elle dès lors encore remédier à ce qui est souvent cité par les PME comme problème le plus important, de ne pouvoir obtenir du crédit que lorsque l’entreprise n’en a plus besoin? La directrice Myriam Reinle estime qu’il existe une niche: «nous examinons la solvabilité au cas par cas. Tout en sachant que nous ne pouvons pas nous permettre de faire du volume en faisant trop de concessions au niveau du risque. Néanmoins, les statistiques de la BNS montrent que les banques ont toujours plus tendance à demander des sécurités aux clients, en hypothèques ou sous d’autres formes. Elles demandent souvent aussi que l’entreprise soit déjà cliente, notamment pour les crédits en compte courant, ce qui n’est pas notre cas. Nous restons quant à nous du côté du crédit blanco. Il y a quelque chose d’intéressant qui se passe à ce niveau-là. Que nous soyons plus ou moins chers que la banque reste à l’appréciation de chaque entreprise. Mais nous sommes plus transparents.»

Par rapport au potentiel de développement, Myriam Reinle est optimiste: «Nous avons actuellement un volume de demandes mensuel d’environ 10-12 millions, et des investisseurs institutionnels qui sont en mesure d’apporter du financement de manière rapide et directe. Quant à la technologie, tous les processus ont été conçus de manière à permettre les passages à des échelons supérieurs.»

La désintermédiation est associée à des examens de solvabilité

Les options des entreprises (et des privés) qui veulent tenter le Crowdlending deviennent toujours plus nombreuses en Suisse. Même si les Alémaniques disposent d’encore un peu plus de possibilités que les Romands. La taille du marché reste encore modeste par rapport au volume de crédits accordé, malgré une croissance exponentielle. Selon l’étude annuelle de l’Institut für Finanzdienstleistungen (IFZ), le Crowdfunding a crû en 2017 de 192% par rapport à l’année précédente, pour atteindre un montant de 374,5 millions de francs. C’est le Crowdinvesting qui a enregistré le bond le plus fort, avec +245% à 135,2 millions, suivi de près par le Crowdlending (+239% à 186,7 millions). Ces sommes se répartissent sur 43 plateformes actives en Suisse à fin avril 2018.

L’indépendance des banques, la désintermédiation, pour obtenir un prêt est l’une des idées de base du Crowdfunding plutôt bien respectée, même si d’anciens cadres de grandes banques se retrouvent parfois parmi les dirigeants de ces entreprises, et que d’autres sociétés de Crowdfunding font partie d’un portefeuille de start-up d’une entreprise financière. En revanche, dans bien de cas, les entreprises demandeuses doivent tout de même se soumettre à un examen de solvabilité, suivi par l’attribution d’une catégorie de risques. Cela coupe court à la «sagesse des foules» (crowd intelligence), un autre concept fondamental du Crowdfunding, qui valoriserait à priori plus le potentiel d’une idée que les données financières, donnant ainsi toute sa pertinence à la désintermédiation.

Christian Affolter
AGEFI

 



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