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Les révolutions industrielles réinventent la société: (2) l’éducation
 
Le 24-07-2018

Les adolescents de nos pays développés passent plus de temps devant leurs écrans qu’en classe! Certes, ils ne consacrent pas ces 1500 heures à suivre les MOOCs de Stanford ou de l’EPFL, mais leurs manières d’échanger, d’apprendre, d’accéder au savoir, leur capacité à se concentrer, le rythme de leurs activités sont tout à fait remarquables..

Les systèmes éducatifs d’aujourd’hui se sont développés sous l’impulsion directe des révolutions industrielles et en portent encore la marque. De la première, on a hérité des enfants assis en rang qui doivent suivre les consignes, se montrer ponctuels et assidus, tout cela sous la houlette d’un (contre-)maître. L’éducation à grande échelle n’a pas été créée pour motiver les enfants ou pour former des savants. Elle a été inventée pour former des adultes destinés à faire fonctionner un certain système productif. L’échelle était plus importante que la qualité, exactement comme dans le monde industriel d’alors. L’insistance sur l’obéissance, la discipline et la ponctualité ne serait pas simplement un choix pédagogique mais la traduction d’enjeux sociaux et économiques reflétant les exigences de l’époque pour ordonner et organiser les armées d’ouvriers qui allaient envahir les usines.

Dans la seconde révolution industrielle, on assiste à la naissance de «technologies éducatives», comme le test à choix multiples inventé en 1914 par Frederick J. Kelly, des outils caractéristiques de l’organisation à la chaîne du travail, propres à cette époque. La simplification et la décomposition du savoir permettent une optimisation des procédures de transmission du savoir-faire et créent des outils de mesure de l’activité. Remplir correctement des cases, telle était la performance attendue des écoliers lambda voués à devenir des travailleurs standards, avant de céder aux délices de la consommation de masse.

La troisième révolution industrielle verra éclore une pédagogie dite «nouvelle» mettant en scène les apprenants. L’élève est désormais au centre des préoccupations, on va faire de lui le principal objet pédagogique en respectant ses souhaits et son rythme d’apprentissage. Il devient l’entrepreneur de son apprentissage. C’est en quelque sorte le règne de l’entrepreneuriat même à l’école!

Dans notre nouveau monde connecté de la 4e révolution industrielle, la rareté est remplacée par l’abondance - une abondance de l’information, des sources de connaissances et des réseaux mais aussi des interactions.

Cette abondance de l’information connectée impose un nouveau rapport au savoir et redéfinit radicalement l’institution scolaire: on va donc abandonner petit à petit les systèmes éducatifs précédents pour adopter des outils beaucoup plus personnalisés, beaucoup plus puissants qui nous permettront de produire une nouvelle génération de travailleurs. En faisant notamment appel au MOOC (Massive Open Online Courses), il va falloir tout reconsidérer: aussi bien des notions fondamentales comme l’élève, l’enseignant, la classe, l’apprentissage, l’évaluation, les diplômes, etc.
L’école dans sa forme historique semble complètement datée et son avenir est compromis. Une refonte complète se profile. Tout est à réinventer!

Xavier Comtesse
Mathématicien, digital shaper
AGEFI

 



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