Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



La Suisse veut freiner l'arrivée des frontaliers avec sa "préférence indigène"
 
Le 06-07-2018

À plusieurs centaines de kilomètres du Luxembourg, la Suisse, le premier pays d'accueil des frontaliers français, applique une mesure qui favorise l'accès de ses résidents à certains postes.

Avec plus de 300.000 frontaliers, dont 172.000 Français, l'économie suisse repose en partie sur une force de travail étrangère, installée derrière ses frontières. Malgré un taux de chômage bien en-dessous du plein-emploi (2,7% en avril 2018), une loi votée en 2014 et censée limiter l'arrivée de travailleurs frontaliers dans certains secteurs est entrée en vigueur au 1er juillet. Explications.

QUE DIT LA LOI ?

Très concrètement, cette loi a été votée en 2014 suite à une "initiative populaire". Il s'agit d'un système qui permet à tous de soumettre une proposition de loi (concernant la Constitution, une loi communale ou cantonale...) à condition qu'elle soit soutenue par une majorité de citoyens.

En 2014 donc, le parti nationaliste et conservateur UDC a réussi à faire voter un texte favorisant les chômeurs résidents. Ainsi, les entreprises d'un secteur où le chômage dépasse les 8% (puis 5% d'ici 2020) doivent d'abord annoncer leurs postes vacants aux offices régionaux de placement pendant cinq jours avant de les ouvrir à tous.

Une manière de limiter une concurrence souvent rude dans certains secteurs. Les entreprises de l'hôtellerie, de l'horlogerie, de construction ou de l'agriculture sont notamment concernées.

QUELS SERONT SES EFFETS ?

Présentée comme une loi de soutien aux chômeurs de Suisse, la mesure va, de facto, freiner l'arrivée de travailleurs frontaliers. Certains médias suisses comme Le Temps notent toutefois qu'il est impossible de savoir si cette mesure va réduire le taux de chômage. En effet, si les employeurs devront réserver leurs offres en avant-première, rien ne les oblige à rencontrer des résidents et à les recruter. Les résidents suisses auront donc simplement un temps d'avance sur les frontaliers.

Certains patrons, notamment de l'hôtellerie, déplorent une mesure contraignante. Ainsi, ils devront proposer leurs postes aux résidents nationaux avant de pouvoir rappeler leurs saisonniers habituels.

Enfin, le taux de chômage suisse, aussi impressionnant soit-il, pose d'autres problèmes: pour certaines entreprises, la pénurie de main d'oeuvre se fait ressentir. Recruter à l'étranger devient alors la seule solution pour se développer.

Plus insolite, Le Temps remarque encore que la liste des emplois concernés a été établie en se basant sur une nomenclature qui n'a pas été mise à jour. Ainsi, elle relève que les métiers de "trayeur" (qui s'occupe de la traite) ou de "valet de ferme" sont concernés par la mesure. Des métiers disparus aujourd'hui.

5minutes.rtl.lu

 



Copyright © 2001 - 2018 Inter Group News All Rights Reserved