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L’ingénierie augmentée d’Elca au coeur de la numérisation en cours
 
Le 26-06-2018

Forte de centaines d’ingénieurs, la société lausannoise est un acteur phare des nouvelles applis numériques

L’intelligence artificielle, le big data, la cybersécurité, la réalité augmentée ou la blockchain: pour le commun des mortels, ces notions relèvent un peu de la science-fiction, d’un futur qu’on ne vivra pas forcément. Chez Elca Informatique, société lausannoise qui fête ses 50 ans cette année, on conjugue cette science au présent. Considérée sur la durée comme le plus grand employeur d’ingénieurs en informatique formés à l’EPFL, l’entreprise travaille sur de multiples applications qui utilisent ces nouvelles technologies de manière très concrète.

Conscient, toutefois, que cette ingénierie augmentée peut hanter les esprits et soulève des questions, la société veut sortir de sa tour d’ivoire du savoir. Entouré de plusieurs spécialistes, vendredi dernier, le directeur général, Cédric Moret, remarquait: «La Suisse est à un tournant important en matière numérique. Elca est restée longtemps discrète. Comme grande entreprise du secteur, nous avons une responsabilité sociale et nous voulons exprimer notre point de vue dans ce domaine.»

Bientôt 1000 employés

On ne mesure pas l’importance de cette société qui va dépasser le millier d’employés cette année – dont 90% sont des ingénieurs –, car son nom n’apparaît jamais dans les produits que ses solutions informatiques permettent de mettre en œuvre. Mais quantité de grandes enseignes suisses font appel à ses services dans la banque, les assurances – maladie et privées –, les chaînes de distribution ou les transports, tels que les TL et les CFF.

Tout a commencé il y a cinquante ans avec le barrage de la Grande-Dixence: quelques ingénieurs lausannois ont optimisé son exploitation grâce à des outils informatiques de première génération.

Aujourd’hui, les principaux concurrents de cette société, qui réalise 60% de son chiffre d’affaires en Suisse alémanique (142 millions de francs au total en 2017), sont des géants informatiques mondiaux. Mais elle a réussi à se faire sa place dans un monde en voie de numérisation galopante dans lequel plus personne n’échappe à la connectivité. Même la blockchain, qu’on croit réservée aux cryptomonnaies ou aux transactions financières, concerne déjà le grand public. Elca a ainsi mis au point une solution mobile ticket d’avant-garde grâce à cette technologie de sécurité. Celle-ci a déjà été utilisée en Europe pour la billetterie d’un grand match de foot, touchant plus de 10'000 spectateurs grâce à une appli mobile. La blockchain, qui fait office de registre public, permet une identification et une traçabilité du billet même en cas de revente. L’organisateur d’un grand événement peut ainsi lutter contre la fraude et le marché noir, car le code-barres n’est visible sur le mobile – donc copiable – qu’une fois passé la première entrée du stade. Cette solution, testée à Paléo, sera commercialisée dès l’an prochain.

La billetterie est d’ailleurs un des domaines phares d’Elca, développé à l’international, contrairement à ses autres activités concentrées sur le marché suisse, où elle compte plus d’un millier de clients. Outre son siège lausannois (près de 350 employés), elle dispose d’importants bureaux à Zurich, Berne et, depuis peu, Bâle. Elca a une filiale à Hô-Chi-Min-Ville (Vietnam) depuis 1998, où elle occupe 250 collaborateurs. Elle a ouvert il y a quatre mois un centre à Grenade, au sud de l’Espagne, qui dénombrera 50 à 100 ingénieurs à terme, et prévoit un troisième site à l’étranger, de taille encore plus grande. Cédric Moret se défend cependant de parler de délocalisation, puisque les engagements en Suisse continuent à leur rythme afin de répondre à la forte croissance des affaires, en hausse de près de 20% en 2017, et qu’il espère dans la durée plus élevée que le marché (environ 10%). Confrontées à un manque d’ingénieurs, même à portée de souris de l’EPFL où Elca Informatique a créé il y a un an son Innovation Lab, les filiales à l’étranger sont engagées essentiellement sur des projets suisses, mais à distance.

Gestion des trois piliers Outre le développement de l’assistance virtuelle par chatbots, un des projets qui tient à cœur au CEO concerne la gestion des assurés des trois piliers de l’assurance sociale suisse. Elca proposera dès l’an prochain un outil de gestion et de contrôle individualisé de la prévoyance. Il permettra à chacun de connaître les rentes qu’il percevra en fonction de tous les paramètres, par exemple en cas de divorce. Elca investit gros sur ce projet qui répond à une forte attente dans les caisses sociales.

Par Jean-Marc Corset
24heures.ch

 



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