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Les entrées de commandes du numéro un mondial des transformateurs ont progressé de 5% au second trimestre
Plutôt prudent en début d’année, ABB a publié jeudi des résultats au second trimestre qui ont largement dépassé les attentes du marché. Du coup, l’action du numéro un mondial des transformateurs a grimpé hier de 4,2% à 20,48 francs. «Nous assistons à un rebond dans les domaines qui ont été touchés en premier par la crise. Nous restons toutefois prudents en raison des indicateurs mitigés dans les économies matures», a résumé Joe Hogan, patron d’ABB, lors d’une conférence téléphonique.
Supérieur aux prévisions des analystes, le chiffre d’affaires a toutefois reculé de 5% en monnaies locales à 7,6 milliards de dollars, contre 7,9 milliards un an plus tôt. Pour le directeur du groupe employant environ 117 000 collaborateurs, les grands projets ont davantage souffert des reports que les produits qui suivent des cycles plus courts et qui s’apparentent pratiquement à des produits de consommation. Ainsi, sur les cinq divisions du groupe électrotechnique, celle des produits à basse tension (transformateurs, circuits) a tiré son épingle du jeu. Grâce essentiellement à une plus grande demande en Europe pour de nouvelles installations électriques, les ventes de cette division ont atteint 1,2 milliard de dollars, soit une hausse de 15%. En revanche, Power Products (transformateurs à moyenne et haute tension), pôle le plus stratégique d’ABB, a généré un chiffre d’affaires de 2,5 milliards, soit une baisse de 12%. Celle-ci est la conséquence de moins fortes commandes durant les trimestres précédents et de nouveaux reports de projets.
Parallèlement, le bénéfice net a atteint 623 millions, soit une baisse de 8% par rapport au second trimestre de 2009. Des effets non récurrents à hauteur de 130 millions expliquent toutefois une partie de ce reflux.
Solidité financière
Concernant les perspectives du groupe, Joe Hogan a estimé que le retour à la croissance des commandes ne dépassant pas 15 millions de dollars (principal socle des bénéfices d’ABB) signifiait que le creux de la vague était passé. Quant à celles supérieures à 15 millions, elles devraient à nouveau croître à la fin de cette année et au début de 2011. «L’histoire de notre croissance dans les pays émergents se poursuit. Au niveau des commandes, elles ont grimpé de 5% au deuxième trimestre. La plus forte progression a été enregistrée en Afrique et au Moyen-Orient. Des projets de clients dans les matières premières industrielles, le pétrole et le gaz sont prévus», s’est réjoui Joe Hogan.
Avec l’objectif de réduire les coûts de 3 milliards entre 2008 et 2010, ABB reste très solide financièrement. Ses liquidités s’élèvent à 5,9 milliards. Cela permettra au groupe de réaliser de nouvelles acquisitions, après avoir récemment refusé de surenchérir pour s’emparer du groupe britannique Chloride.
Daniel Eskenazi
Le Temps |